I.F MONnF. m VIN ET I.K MONl>F. MORAL
compte sur la protection d'A<îni contre la tromperie {(llini-tl) de Varuna'. Le mot uiâjjâ (( puissance miraculeuse )), qui figure dans un ilo ces passages, désigne souvent la sagesse et riiabileté surnaturelles de Varuna, mais sou\ent aussi les odieux artifices des esprits malins-. l-"aut il en conclure que Ton se représentât Varuna sous le même a>pcct de ruse sournoise et perfide que ces démons?
Cette opinion a trouvé des défenseurs'; mais, pour moi, ils me paraissent avoir exagéré ou faussé la portée de quelques phrases, triées dans une vue partiale et insuffisamment pesées dans leur teneur. Avant tout, il importe de rappeler' qu'en soi le mot //;c7//c7 n'implique aucune nuance de distinc tion ni de défaveur : il désigne tout uniment un pouvoir mystérieux quelconque, qui dépasse la sphère des actes tenus pour normalement possibles. La mâijà de Varuna consiste à nous envoyer les aurores, à se tenir debout dans les airs et à mesurer la terre au moyen du soleil comme d'une mesure, à faire circuler le soleil au ciel, puis à le cacher sous les nuées, qui ensuite distillent sur la terre le miel de leur pluie'. On voit que rien de tout cela n'est ruse ni malice : il ne s'agit que d'un pouvoir mystérieux et inaccessible. Que. de temps à autre, ce pouvoir s'enveloppe aussi de ruse, c'est une constatation accessoire et indéniable; mais, de ce qu'un pareil pou- \o\v est dans le Véda l'attriljut principal de Varuiia, il ne s'ensuit nullement que ruse ou malice constitue le fond de son caractère. Sa puissance est l'amie du droit (Rta) : elle protège le droit ; elle châtie les crimes, même ceux de l'homme puissant ou de l'homme rusé. « Vous avez terrassé toute injustice, à la justice vous êtes alliés )), dit-on à Mitra et ^'aruna; et aux Âdityas : « Vous assistez les simples de ctcur. ô dieux ». On les nomme «forts dans le droit»; ils se sont ((for-