‹ La religion du VédaChapitre 155 sur 380 · Geldner, y<-il. StiuL, I, p · texte numérisé non relu

Geldner, y<-il. StiuL, I, p

■1. Cf. supra p. 137.

G. R. V. III. Gl. 7, V. 63. 4, 85. 5, VIII. 41. 3. .Sur la niàijâ de Varuna, voir la collection de textes de Bergaigne, III, p. 81.

tifîés dans la demeure du droit ». Ce qu'on dit de tous les dieux s'applique à eux également : (( Admirable est la grâce des dieux, qui marchent dans la droiture'. » Partout où le poète védique se complaît aux antithèses de droit et tortueux, d'honnêteté et duplicité, les dieux et, à leur tète, Varuna avec les Adityas apparaissent comme amis et défenseurs de l'hemme vertueux.

Il est bien évident qu'il faut se garder de rapporter cette alliance de Varuna et du droit à la mesure de nos sentiments d'hommes modernes et de chrétiens. Pour l'Hindou védique, il est moral, il est bon de tromper son ennemi-, et on l'aurait fortement étonné en lui parlant de triompher de la pertidie autrement que par une perfidie plus savante. Dès lors, on entend sans peine ce que veulent dite les poètes en parlant des artifices de Varuna et des Àdityas; et, au surplus, ne le disent-ils pas eux mêmes assez clairement? Les esprits de ruse de Mitra et Varuna poursuivent les péchés des hommes; c'est pour le trompeur que sont tendus leurs lacets. Mais à l'homme pieux et bon Varuna est un ami sincère et fidèle. Sa victime, à la différence de celle de liudra, sait bien, quand il la poursuit de sa colère et l'enlacé de ses ruses, que c'est pour la châtier d'une faute commise '; et, à condition de ne point braver ce juste courroux, de confesser son péché, de se ïéconcilier avec le dieu, elle compte qu'il ne se conduira pas enveï-s elle en ennemi faisant le mal pour le plaisir de le faire, mais en maître bienveillant et miséricordieux. Nous assistions tout à l'heure à l'absolution du pécheur réalisée par un charme magique qui bannissait la substance impersonnelle dont il était contaminé : le même résultat s'obtient \>ar la grâce de Varuna, qu'on peut se concilier, tout comme la faveur d'un homme, par la prière, par l'humilité, et aussi [^r

1. R. V. I. 152. 1, yni. 18. 15, I. 89. 2, et cent passages similaires, coUigés par Bergaigne, III, p. 258 sq.

2. Trait coininun à toutes les morales antiques : n'y pas chercher la marque spécifuiue de la morale « orientale ».

3. R. V. Vil. 86. 4, et cf. Bergaigne, ÏII, p. 156. Voir un peu plus bas.

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des [>rt'senls, et qui à tout instant est prrtf à supplanter la colère, à faire tomber les chaines du pécheur. On fait oblation au dieu'; on se reconnaît coupable à ses yeux ; on lui représente qu'on a péché sans le sa\oir, faute d'attention ou sous l'empire de la passion: on se réclame d'ancienne amitié avec lui ; on implore sa miséricorde. « Pour que tu aies com passion, nous désirons, par nos prières, relâcher ton cœur, comme le cocher relâche les liens du cheval qu'il dételle » (1.25.3).

Citons ici dans toute sa teneur l'un des hymnes où l'on invoque ainsi Varuna en vue de la rémission des péchés (R. V. VII. 86).

(( Sage et grande, en vérité, est la nature de celui qui a séparé en les étayant les deux vastes mondes, qui a poussé vers le haut le ciel puissant et sublime, et qui a épandu tout à la fois les étoiles et la terre.

(( Et voici que je me dis en moi-même : Quand donc serai-je de nouveau proche de Varuna? Quelle offrande daignera-t-il agréer sans colère? Quand, d'un cœur serein, contemplerai-je sa miséricorde?

« Je cherche mon péché, ô Varuna, je désire le voir. Je vais m'en informer auprès de ceux qui savent. D'un commun accord les sages me disent : C'est N'aruna qui est courroucé contre toi.

« Quel a-t-il été, o \'arana, ce grand péché, pour que tu veuilles tuer le chantre ton ami? Dis-le-moi, o dieu infaillible et libre! Je veux en diligence gagner ta grâce par ma piété.

(( Délivre nous de teut péché de tromperie, celui que nous avons hérité de nos pères et celui que nous avons commis de notre propre corps. Délivre Vasishiha, ô roi, comme un voleur de bétail, comme un veau dont on défait le lien.

(( Ce ne fut pas mon propre vouloir, 6 Varuna; ce fut délire, ivresse, fureur du jeu, passion ou négligence. La faute

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