‹ La religion du VédaChapitre 161 sur 380 · Açval. G. S. IV · texte numérisé non relu

Açval. G. S. IV

2. Sur un essai récent d'interprétation toute différente de l'idée fondamentale du sacrifice, voir ce qui sera dit plus bas, au sujet de la part de mets du sacrifiant.

APEROr GK.N'KRAL 263

Pouvons-nous, sans y rien changer, prêter cette conception à l'âge védique?

A ([ui considérera sans prévention le langage que tiennent aux dieux dans le Rig-Véda les poètes du sacrifice, l'affirmative, en principe, ne fera point difficulté. Le concept originaire est resté le concept dominant : s'il s'y est mélangé des éléments d'autre provenance, le caractère général n'en est pas moins évident. A travers tout le Rig-Véda se répète, se ressasse la même pensée : puisse ce mets, puisse ce breuvage — car c'est de sôma surtout qu'il s'agit — rassasier, réjouir, fortifier le dieu' ! L'idée est mise en action dans une anecdote que nous a conservée, il est vrai, un texte védique récent". Indra va trouver Suçravas et lui dit : « Fais-moi oblation, j'ai faim. » L'autre lui fait obla,tion, et voilà Indra qui se démène, le gâteau d'offrande en main. Le dieu, comme bien on pense, aime le sacrifiant : indulgent pour le pauvre qui ne saurait donner beaucoup', il réserve sa haine à l'avare; au généreux qui l'a assouvi, il prodiguera ses faveurs comme il les lui a prodiguées par le passé. « Bois, fortifie-toi », dit le Rig-Véda, « à toi, ô Indra, les breuvages de sôma pressuré, aujourd'hui comme en tout temps. Comme tu as bu l'ancien sôma, ainsi, étant loué, bois aujourd'hui le nouveau. . Lève-toi, apporte; que nul ne t'entrave. Car nous savons que tu es le seigneur trésorier des trésors. O Indra, le grand don qui est de toi, donne-le-nous, ô maître des chevaux bais » (R. V. III. 36. 3 et 9). « Bois le sôma, eontentes-en ton désir; puis, dirige ton esprit à l'intention de prodiguer tes trésors» (I. 54. 9). « Il triomphe avec une force irrésistible, de par Indra, de par ses guerriers, le héros qui te pressure de profonds torrents de sôma, ô meurtrier de Vrtra, et les dilue dans l'eau» (VII. 32. 6). « Je suis », dit

1. Pour jeter au moins un regard .sur un domaine tout voisin de celui du Véda, rappelons <iue dans l'Avesta l'intention de lortilierle dieu par l'oblation n'est pas moins expressément formulée : Tir Yasht 24, etc.

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