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SACRIFICE ET CHAUMES EXPIATOIRES

le sacrifice, c'est pourquoi il lui pose cette (juestion. Et, par ra\eu, la faute s'atténue, car ainsi la vérité règne, c'est pour- ([uoi il lui pose cette (piestion. Si elle n'avouait pas, ses proches s'en trouveraient mal '.» Là-dessus, on conduit la femme aux feux sacrés: elle porte sur sa tcte les gâteaux enfermés dans une corbeille; elle en fait oblation au feu, — toujours le feu du sud. — avec cette formule : « Le péché fiuelconquo ([ue nous avons commis en nos sens, dans le village, dans la foret, dans la maison, nous le bannissons par ce sacrifice. » Parmi les autrcsoldations (jui relcveut de cette frte. il en est une (pion adresse à Varuna, accompagnée de formules qui implorent sa j)itié : (ju'il ne s'irrite point ; qu'il ne tranche pas les jours du suppliant'. Un bain manifestement expiatoire, où le sacrifiant et sa femme se rendent un mutuel office d'ablution, et au sortir duquel ils s'habillent de neuf, clôt la cérémonie.

On voit comme ici déjà le sacrifice à Varuna, par leciucl on se propose d'obtenir de la façon ordinaire la miséricorde de ce dieu, se complicpic d'une opération de tout autre nature, qui pourtant constitue la partie principale de l'oljservance expiatoire : à savoir, le rite des gâteaux plats, (jui ne prend que très superficiellement le caractère d'une oblation ; car l'expression (( bannir par le sacrifice » {'H'<i-yfij), ternie technique employé ici et dans les cas analogues, décèle un charme de bannissement, que seule la tendance des prêtres à tout expliquer par le sacrifice a pu transformer en un acte oblatoire. On brûle des objets qui, à raison du caractère de consécration (ju'ils ont assumé, deviendraient dangereux

1. fat. Br. II. 5. 2. ÏO. — On voit que le théologien rattaclie ici l'obligation de la confession ii des motifs éthiques de conception moderne : cf. aussi Samavidh. Br. I. 5. 15, et Lo/s th- Manu, XI, 227 sq. Mais on peut douter que tel ait été le sens originaire de ce vieux rite magique. L'idée est peut-être celle-ci : en magie, pour avoir prise sur un objet, il est bon de le nommer de son nom; si donc on ne nommait pas la faute, la vertu expiatoire du charme passerait auprès d'elle sans l'efïleurer. — Sur une autre interprétation possible de la confession, cf. infra p. 276.

2. Pv. V. I. 25. 19, 21. 11: .Xçval. cy. s. II. 17. 15: Çanldi. Cv. .^.III. 11. 5.

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s'ils restaient en contact avec la vie profane : telle est la pensée première, à laquelle la liturgie sacerdotale a imprimé la déviation qui lui est propre. Le péché des gens de la maison s"est attaché aux assiettes, à chacune délies celui d'une personne : lorsqu'on offre, disons mieux, lorsque Ion consume les assiettes, le péché Ijrûle avec elles.

Le rituel du sacrifice de sôma comporte un acte de même genre, qui y semble une addition tout à fait adventice et accidentelle. Les prêtres jettent au feu les copeaux qui proviennent de l'é(iuarrissage du poteau sacré, et profèrent à chacun deux la formule : (( Tu es l'oblation expiatoire du péché commis par les dieux... par les hommes... par les pères... par nous ; de chaque péché, un à un, tu es l'oblation expiatoire. Du péché quelconque que j'ai commis consciemment ou inconsciemment, de tous ces péchés tu es l'oblation expiatoire. » Il est évident qu'ici encore le « bannissement par oblation )) n'est autre chose qu'un bannissement par crémation, une destruction pure et simple du péché, sans recours à la grâce divine ' .

vSi de pareils actes expiatoires ont été introduits dans l'économie du culte supérieur, à plus forte raison devonsnous nous attendre à en constater un très grand nombre dans le donuiine du culte inférieur, parmi les conjurations et les pratiques magiques qui se lient aux mille accidents de la vie journalière. Les hymnes de l'Atharva-Véda et les prescriptions du Kauçika-Sûtra qui s'y réfèrent, ne dé-

1. Le « sacrifice de l)annisseinent » nous apparaît comme un processus magique dans bien d'autres passages, qui visent le péché ou un danger quelconque : « les nijlle liens, . . . nous les bannissons par sacrifice, de par la puissance miraculeuse du sacrifice. «Taitt.Br. III. 10. 8. 2; Taitt. Aran. IV. 11, IV. 14. 1, V. 9. 1. Mais il se peut aussi que les textes le définissent dans le sens indiqué plus haut : le sacrifice atténue la tendance d'un dieu sinistre à l'aire le mal; il assure au suppliant l'alliance du dieu contre le péril qui le menace. C'est ainsi ([ue je comprends les passages suivants : le pressureur de sônia l)annit par sacrifice toute hostilité des dieux, R. V. I. 133. 7; on prie Agni de bannir par sacrifice Varuna, IV. 1. 5: (( nous implorons, ô Varuna, par piété, par sacrifice et oldations, le bannissement de ta colère » {m'a-imahê, terme parallèle au verbe aca-yaj, I. 24. 14).

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