SACRIFICE ET CHARMES EXPIATOIRES Z^O
mentent point cette présomption. Voici, par exemple, le rite ordonné pour deux frères dont le péché consiste en ce que le cadet s'est marié avant laine : devant une eau courante, on les enchaîne de liens de roseau, symboles des lacets du péché, on les lave, on les asperge, et l'on jette leurs liens, un à un, dans l'écume du ruisseau, qui les emporte; « disparais avec l'écume du torrent », dit la formule' qui conjure le mal. Quiconque a dit un mensonge se rincera la bouche, en récitant : « Tout ce que nous avons dit de mensonge, de ttois ans en (;;i-, de tout mal, de toute affliction, daignent les Eaux me protéger'. » L'homme sur qui une corneille a laissé tomber sa fiente est, lui aussi, un coupable, dans la mesure que laisse entrevoir la formule ci dessous : on le lave, on promène autour de lui un tison ardent, et l'on dit : « Ce que l'oiseau noir en volant a laissé tomber ici, de tout mal et de toute affliction, daignent les Eaux me protéger! Ce ([u'ici l'oiseau noir a essuyé avec ta bouche, ô Nirrti ', delà faute, daigne Agni Gârhapatyame délivrer' ! »
Ainsi le feu et l'eau sont des agents de destruction du péché: celle-ci, tantôt en le lavant, tantôt en l'emportant dans sa course. Ailleurs, et toujours dans l'Atharva-Véda", ce sont des plantes curatives, des amulettes, des formules, qui l'anéantissent ou le bannissent ; il est chassé, ou bien
1. A. V. VI. 113. 2. — K. S. 46. ~8 manque de clarté. Je proposerais lie lire au texte p/iênc.<hriftarôttarân pâçân et dans la scolie ullarôtuirain pû'fiparij anyapilr-ani. — [Cf. Caland, ein altind. Zatihurrittial, p. 153. — V. H.] — La liturgie des trois feux .sacrés connaît un rite analogue : au .sacrifice de la sautràmanï. on emplit une écuelle d'un certain mets magique, et on la laisse emporter par un cours d'eau, eu récitant des stances qui appellent l'absolution de tout péché ; cf. Vajas. .Sainh. ;;0. 14 sq. et Katyày. XIX. 5. 13.
2. Trait fort commun: le magicien n'étend son pouvoir d'ab.solntion <iue sur un laps déterminé. « Quelque péché iju'il ait commis dans l'année qui finit à ce jour, il le bannit par cette oblation », Taitt. .San.ih. VI. 6. 3. 1.