‹ La religion du VédaChapitre 173 sur 380 · Robertson Smith, Religion of the Setnites, I · texte numérisé non relu

Robertson Smith, Religion of the Setnites, I

3. Voir les citations des pages 263 sq. — Il n'y a pas lieu de s'arrêter

280 LE crLTr:

forme même suivant laquelle s'effectue la consommation des aliments ou des boissons n'implique à aucun degré une importance quelconque attachée à la participation des dieux et des hommes: le dieu mange le premier; il laisse des restes, que mangent les hommes.

Pourquoi ceux-ci mangent-ils ses restes ? N'est-ce point parce que le mets dont le dieu a goûté s'est imprégné, à son contact et de par sa grâce, d'un fluide mystérieux et puissant de l)énédiction? que ce mets est devenu une véritable médecine, que l'homme ingère pour son salut, à condition, l)ien entendu, qu'il soit qualifié pour y prendre part' ? C'est bien là l'idée que reflètent les formules. A l'orge qu'on mêle au sômaet qu'on offre aux chevaux d'Indra, les prêtres disent : « Ce qu'est de toi la consommation, qui procure des chevaux.

qui procure des b(eufs tout cela, je le consomme*. » A

l'oblation du lait chaud: (( Ton breuvage de miel, ô dieu Charma •, qui est déversé dans le feu, dans l'être le plus pareil à Indra, nous allons le boire. Hommage à toi! Ne me fais pas de mal! » Ils y goûtent: « ce faisant, ils placent en eux-mêmes la splendeur », observe un texte de Brâhmana '.

à rarguiiient de Smith (p. 365), à savoir que le sacrifice, étant antérievir à liilée de la propriété privée, ne saurait impliquer un transfert de propriété du sacrifiant au dieu : la tentative de se concilier les bonnes grâces d'une personne en lui donnant à boire ou à manger n'a que faire non plus du substratum de la propriété privée.

1. Cf. supra p. 278. Nous touchons ici à un concept sur lequel nous aurons à revenir plus bas (voir la section consacrée aux feux sacrés): les instruments et les substances affectés au sacrifice recèlent une vertu nocive, et le contact n'en est pas possible .sans précaution au premier venu. En ce qui concerne les mets d'offrande ingérés par les fidèles, cette idée se fait jour avec une énergie particulière dans les prescriptions relatives au pi-Cn'itra. dont au surplus je ne me sens pas en mesure d'expliquer dans son principe l'isolement rituel: il faut l'avaler sans le mâcher, mesure préservative sans aucun doute : puis on .se rince la bouche : il re.ssort d'une formule qu'il ne Jse mélange point avec la nourriture ordinaire, mais s'arrête en deçà du nombril; cf. Hillebrandt, op. rit., p. 130 sq.

Page 1