‹ La religion du VédaChapitre 178 sur 380 · Çat. Br. II. 6. 2. 16, et cf. Kâty. V · texte numérisé non relu

Çat. Br. II. 6. 2. 16, et cf. Kâty. V

sacrifice, ingérée, flairée, touchée par un homme, un animal, un être inanimé, lui communique une vertu, et nommément le genre de vertu qu'implique la nature même de cette substance. De là, la règle, pour le sacrifiant, de consommer une part de l'oblation: règle dont le caractère se justifiera mieux encore par ses exceptions. Envisageons les cas où Ton s'en doit abstenir. , -

Le rituel des Grecs interdisait de goûter à une offrande, soit expiatoire, soit destinée aux Mânes ou aux déités chthoniennes : ces sortes d'oblations étaient des holocaustes. La pensée est bien claire : la participation à l'offrande ordinaire est salutaire; mais les offrandes qui se sont trouvées en contact avec des divinités irritées ou sinistres exposeraient à un grave danger les imprudents consommateurs.

Le rituel védique n'est pas moins explicite en ce sens. Les oblations aux puissances sinistres, aux âmes des morts, à Rudra, sont soumises à quantité de prescriptions préventives, dont la principale est l'interdiction dégoûter au mets sacré. « 11 n'en mange point:... parla, il en fait un objet voué aux pères », dit un Brâhmana '. Au rituel de l'oblation des pâtes de farine aux Mânes, il est prescrit de réunir ultérieurement dans une écuelle les boules de pâte qu'on leur a servies: au lieu d'en manger, le sacrifiant les flaire; « c'est là sa part de l'offrande - ». C'est là. visiblement, un compromis entre la répugnance pour un mets auquel les morts ont touché et la règle générale qui veut que le sacrifiant ait sa part du mets offert \ La même pensée se traduit, mais en sens inverse, dans le sacrifice célébré par une personne qui souhaite de mourir: la règle, en ce cas, est, à partir de la consécration inaugurale, de ne faire que flairer les comestibles, quels qu'ils soient '• ; c'est quela.mort abolit tout besoin de nourriture.

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