‹ La religion du VédaChapitre 185 sur 380 · I, 132, et cf. Strab-, XV, 3, 13-U · texte numérisé non relu

I, 132, et cf. Strab-, XV, 3, 13-U

2. Etymologicjuenient « coussin ». .selon toute apparence : cf. »/)«barhana « coussin ». ripaharl/r/ud R. V. V. 61. 5, ripn barhria X. 10. 10.

3. On sait que le liare.tinan se compose de rameaux entourés d'un lien: J. Darmesteter, le Z<>n//-Art'^ta, I, p. lxxiii sq. Pendant le sacrifice, il repose sur un support (V. la lig., ihid., pi. VI), ou on le tient à la main : ihut., p. 386 et 391, et Vc/u/ûUul, XIX, 19, etc. Dans les consi'crations et ohlations .sacriflcielles, le han-sman joue toujours un rôle quelconque, on en approclie loffrande, on la ré])and sur lui : fhi>/.. p. 111, ISrj, 189, 409, 411, 416, 421, i2i, 426. 429, 436. etc. En outre, les diverses parties, le côté droit et le côté gauche du l/ftri:<rnun représentent respoctivement diverses déités: le côté firoit, notamment, représente les âmes défuntes, et peut-être nest-ce pas lii une coïncidence fortuite avec le Véda, qui affecte aux Mânes la région droite (ou méri<lionale). — Il y a longtemps qu'on a conjecturé li'lentlté nriirincdle du l)arhis et du haresman : mais elle a été con-

pour les Perses, elle est l'emplacement où les dieux viennent prendre livraison de l'offrande ou plutôt de l'essence, de l'âme de l'offrande, puisque l'on en enlève le corps comme une chose qui ne compte pas ; sur l'emplacement du sacrifice védique, se dresse à coté du bavliis la flamme, bouche des dieux, selon l'expression favorite du Kig-

testée. Elle me parait presque lior.s de doute, et j'en expose brièvement les raisons. Si les deux mots diffèrent par le suffixe, ils ont tout l'air de se ramener h une même racine : hare:<in(in serait en védi<iue *barhinan, et il serait fort ditïicile de lapparier à bralnnan. Ils désignent tous deux laccessoire végétal qui ligure au sacrilice: ici, des l)ranclies; là, des herbes: et Tune et l'autre liturgie y attache une idée de haute sainteté et de proximité des dieux. Autour de cet accessoire s'enroule, de part et d'autre, un lien auquel est dévolu un 'rôle rituel: Hillelirandt, -Vt'«- u. VollnujiK/soji^/'er, p. 8 et 64. La circonstance décisive, c'est qu'au liaresman comme au barhis s'associe d'une façon courante le verbe ■•^tai- ou //asfar (cf. le faisceau védique dit prai>tara qui fait partie du barhis, Hillebrandt, op. fit., p. 64i: il est clair que J'ra-.'<tar n'a pas pu, originairement, signifier (( lier ensemble », comme le traduisent Justi et Darmesteter d'après la tradition avestique ; le sens primitif, « étendre, joncher », nous reporte avec quasi-certitude a une ancienne Jornie de rituel qui comportait, tout comme le rituel védique, une jonchée, une sorte de tapis végétal. On observera :d'ailleurs que l'avestique barc^ish, qui signifie ({uelque chose comme natte ou coussin, et qui répond phonétiquement au védique baf/iis, gouverne aussi le verbe star. L'homuie pieux de 1 Avesta est dit staretôbarcsman a qui a un baresman étalé », comme celui du Véda est qualifié de st[rnaburlii.< « qui a un ])arhis étalé ». Enfin, l'Avesta énumère les éléments essentiels du sacrifice et de l'œuvre sainte (feu et baresman, feu, baresman et haoma, libation et baresman) sur le même mode solennel qu'emploie le Véda pour nommer côte à côte le feu allumé et la jonchée étalée, ou le feu, le l)arhis et le sôma, ou le barhis et l'oblation. Cf. : d'une part, Vcndidâd, 3, 16, etc., 9, 56, Yispen'd, 2] de l'autre, R. V. IV. 6. ■*, X. 21. 1, Vàj. Samh. 15, 49, II. V. V. 37. 2, V, 2. 12, etc. — Comment et pourquoi l'antique jonchée étalée ii terre est devenue le faisceau avestique, monté sur un pied et mobile (peut-être en se confondant avec tel autre accessoire de nous inconnu), c'est une question que je dois abandonner aux éranisants. Quelles que puissent être leurs conclusions, je ne pense pas qu'elles ébranlent la .solidité des arguments qui militent en faveur de l'identité du barhis et du baresman. Je ne la crois pas non plus compromise par le témoignage de Strabon, qui, dans sa description du sacrifice perse (XV, 3, 14), distingue deux accessoires végétaux: la ç,ioouy/ [Avp'./.tvwv Xetctwv osTiJ-r,, tenue à la main, et les branches qui jonchent le sol et reçoivent l'oblation.

Véda, bouche par laquelle ils reçoi\eiit l'ohlation. A «lui compare ainsi le rite perse au rite hindou, vient luiturelleinent la pensée ({ue celui-ci a conservé, dans la coexistence du feu et de la jonchée, la trace de la fornic primitive de ranti(jue oblation', en même temps qu'il y a introduit une innovation conforme au progrès d'une techni(iue plus relevée.

Mn fait, les termes par lesquels les poètes védiques qualilient leur jonchée et les rites qui s'y rapportent sont à cet égard également probants. On ne se lasse pas de la dépeindre comme le siège moelleux, empreint d'une mystique vertu. où s'asseyent les dieux au festin (ju'on leur offre. — « Ktaletoi », lui dit on, « douce comme la laine; les hymnes ont retenti : donne-nous le succès, ô belle jonchée-. )) — (( Jonchez bien pour le sacrifice la jonchée du sacrifice... Comme de ci de là les enfants vont à leur mère, viennent les dieux se poser sur l'aire de la jonchée. » — « Celui dont tu visites la kjonchée, ô Agni, en compagnie des dieux, ses jours derviennent jours de bonheur'. » — Là-dessus, consultons encore le rituel: sur la place même que visitent ainsi les dieux, l'usage constant est de commencer par déposer les offrandes, qu'ensuite seulement on met au feu'. C'est exactement le rituel décrit par Hérodote pour le sacrifice des

1. Yolr les modes d'oblation usités chez les peuplades à l'état de .nature, coUigés dans Tvlor, Ciriliftation prfinitirc, trad. Brunet-Bar- Jbier, II, p. 485 sqq.

2. R. V. V. 5. 4. Cette stance se lit dans un des hj-mnes dits âprîs, [et l'invocation à la jonchée, qui ne manque dans aucun de ces 'hymnes, suffit à attester le caractère de haute sainteté que la tradition

immémoriale assignait au barhis.

3. R. V. VII. 43. 2-3, VII. 11. 2. — Dans le sacrifice offert aux tserpents, on étale pour eux une jonchée analogue au barhis: Çânkh.

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