‹ La religion du VédaChapitre 186 sur 380 · G. S. IV · texte numérisé non relu

G. S. IV

4. Hillebrandt, Xeu- und VoUinoitd.toiifur, p. 71 ; .Scliwai), T/iic/-- \opfer, p. 64 sq., 115, etc.; cf. R. V. VII. 13. 1, X. 15. 11, etc. Que le I texte parle de déposer sur la vêdi ou sur le barhis, cela revient au

même : la vêdi n'est autre chose que l'emplacement oi'i s'étale le barhis. — Rappelons aussi la règle suivant laquelle les parcelle^ d'offrande qui tombent sur le barhis ne sont pas censées tombées, ni par conséquent perdues, soustraites au dieu: Taitt. Sanih. VI. 3. S. 3.

Perses. Doutera-t-on, après cela, que le cérémonial védique ne soit une survivance de celui que les Perses ont gardé intact et net ? Au temps jadis, on n'avait point encore appris à convoyer par la flamme l'offrande quon destinait aux dieux : on la leur servait tout uniment sur l'emplacement où ils étaient censés venir sasseoir, et ils descendaient l'y prendre. Un i^euple de pâtres nomades ne pouvait s'imaginer ses dieux liés à une résidence incommutable : voilà donc bien l'aire sainte de leur culte primitif, le mol tapis de gazon facile à étaler en tous lieux. La présence des dieux qu'on y appelle le rend sacré, c'est-à-dire périlleux au contact profane : aussi, le sacrifice achevé, le sacrifiant hindou jette-t-il le barhis au feu : pour l'empêcher de nuire, sans aucun doute, dans la conception primitive'-

Cet usage, constaté en maintes et très diverses occurrences-,

1. Ce motif paraît l'évidence même, pourvu qu'on ne se laisse point égarer pav l'esprit du rituel de nos textes, qui a fait de cette combustion uneoblation: Hillebrandt, op. cit.,^). 169.

2. Ce n'est pas la jonchée seule qu'on brûle, mais quantité d'autres accessoires: les bûches qui entourent le feu du sacrifice; le copeau dit scaru, qui joue son rôle dans l'érection du poteau sacré; le rameau qui a servi à chasser les veaux, lorsqu'on a amené la vache pour traire le lait d'offrande ; les broches employées au sacrifice sanglant; le vase à onguent dont ou a oint le sacrifiant dans l'agnirayana, etc., etc. Voir: Hillebrandt, op. rit., p. 145, 148 et 169; .Schwab', Thieropfer, p. 127 et 155 sq. ; Weber, Ind. Stud., XIII, p. 285. — Concurremment avec la combustion .se rencontre Tenfouisment,plus spécialement affecté aux objets doués d'une vertu sinistre. Le traitement des broches au sacrifice animal est caractéristique à cet égard : on les brûle toutes, excepté celle qui a transpercé le cœur; celle-ci, le prêtre la garde, en ijrenant soin de n'en toucher ni lui ni personne, de ne la poser ni par terre ni sur l'eau (Çat. Br. III. 8. 5. 9 sq., Kàty. VI. 8. 3, Àpast. VII. 23. lOi; enfin, on va l'enterrer dans un lieu désert, au bord d'une citerne ou en quelque place analogue, et l'on s'en revient sans regarder en arrière (Schwab, op. cit., p. 161 sq.). La raison de cette différence, c'est évidemment que le cœur est le siège de la vie : au moment où on retire le cœur de la broche, on profère même une formule qui exprime cette idée (Schwab, p. 135) ; d'après Çat. Br. III. 8. 5. 8, la souffrance infligée à la victime a passé dans la broche : peut-être y reste-t-il adhérent quelque chose de la substance animique de la bête immolée. Les cas d'enfouissement ne sont [pas rares dans le culte non plus que dans l'art magique, et peut-être percevons-nous un dernier écho de cette

Page 1