Cutap. Bi'. IV
~. Çatap. iJr. 1. 3. 1. ~G.
Et d'abord, — conséquonec immédiate de ce que l'Inde n'a pas connu àesacva pïihlicn. — il n'y a point de aacerdotes piibliri, il n'y a surtout rien ipii ressemble à un collège de prêtres, tels qu'on "^ oit à Rome les Pontifes et les Saliens. La transmission continue des secrets et des pouvoirs sacerdotaux eût requis une organisation sociale et un droit public tout à fait étrangers aux temps védiques.
On peut toutefois comparer de loin à ces collèges le groupe qui peut-être en fut le prototype, le groupe naturel formé par une fauîille ou par un clan de prêtres, Vasishihas, Viçvâmitras et autres, mais en tenant compte d'une différence fondamentale : chaque corporation romaine préside à un ordre déterminé de fonctions sacrées dont elle a le monopole, tandis ([u'en principe et dans les grandes lignes toutes les familles sacerdotales védiques célèbrent le même culte, dominé par le même sacrifice de sOma. Ce n'est pas qu'on ne relève, de l'une à l'autre, des variantes dont le nombre irait certainement se multipliant à mesure qu'on remonterait à une |)lus haute antiquité : il est même permis de penser que, si notre documentation était plus complète, nous verrions le culte général et commun se compliquer de cultes ou de rites spéciaux, propriété exclusive de certaines familles'. Mais précisément l'évolution du culte hindou a tout entière tendu à éliminer ces particularités. De cette élimination il y a bien des causes : d'abord, Tabsence de lien spécial entre le culte et un lieu saint ou un objet sacré individuellement déterminé, le défaut ou du moins l'extrême insignifiance d'un esprit de traditions cultuelles locales faisant corps avec le sol ; puis, l'absence d'un organisme politique, qui, à l'exemple de celui des cités grecques ou latines, eût conservé ces spécialités en les codifiant, les régularisant, les faisant entrer toutes et chacune au service de la chose publique- Ainsi, la famille s'effaçantde plus en plus, l'individu finit par passer au premier plan : ce fut à lui d'acquérir telle connaissance ou vertu
1. Sur une spécialité de cette nature, parvenue à notre connaissance, cf. intra p. 3i.^5.
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sacrée qu'il appartiendrait, etdcn trouver l'emploi au service de sacrifiants riches et généreux. Alors, sans doute, se développèrent des sjiécialités nouvelles, mais d'une tout autre nature que les anciennes, et telles que la complexité toujours croissante de la liturgie ne pouvait manquer de les amener : il y eut (( la triple science », celle du récitant, celle du chantre, celle du prêtre employé aux besognes matérielles du sacrifice; et entre ces trois branches il appartint à chacun de choisir sa vocation.
Les relations entre le mandant laïque et son mandataire sacerdotal sont de deux sortes : le prêtre peut être chapelain (piirbhiia ou sacrificateur officiant (/•/<'//'). Dans le jjremicr cas, il gère au nom d'un roi l'administration tout entière du culte célébré à l'intention de celui-ci. Dans le second, il se borne à remplir, à un sacrifice quelconque, l'une des fonctions sacerdotales rigoureusement requises pour la validité de chaque service divin.
Le purùJtita. — Le purôhita, au sens propre du mot, nous apparaît toujours au service d'un roi, et inversement on ne se représente point un roi qui n'emploie un purôhita. (( Parlons de la charge de chapelain », dit un Brâhmana ' : « les dieux ne mangent pas les mets que leur sert un roi sans chapelain ; si donc un roi veut faire sacrifice, il doit choisir un brahmane et le nommer son chapelain, afin que les dieux mange nt son offrande. » Cependant on rencontre aussi ce titre affecté à un sens moins étroit : ainsi, à un certain moment du sacrifice, si le sacrifiant appartient à la caste des brahmanes, il faut nommer ses ancêtres en tant que sacrifiants favorisés de la grâce d'Agni ; à ce même moment, s'il est de deuxième ou de 3<^ caste, on nommera les ancêtres de son purôhita'. Il semble évident, d'après ce passage, qu'en dehors même des palais royaux il y avait dans les maisons nobles et riches certains brahmanes investis des hautes fonctions de confiance
1. Aitar. Br. VIII. 24. Trèstopique aussi, sur cette mouvance constante du cliapelainau roi, est Çatap. Br. IV. 1.4. 5-6;