Weber, Ind. Slud., X, p
que remplissait à la cour le purôliita. Mais les témoignages qui nous sont parvenus nous donnent incontestablement le purôliita royal comme le véritable titulaire de l'office, le représentant essentiel et presque exclusif de cette dignité; et, en collationnant le rituel védique et les ouvrages de droit avec les matériaux post-védiques, notamment avec la littérature narrative du bouddhisme et les grandes épopées ' , nous nous formons une idée fort nette du personnage et de la place qu'il tient à la cour et dans le sacerdoce.
Le roi nomme son chapelain', qui, en principe, parait conserver sa charge tant que dure sa propre vie et celle du roi. Dans les récits on voit souvent le fils d'un chapelain succéder à son père : la fonction semble donc comporter une certaine hérédité, sinon de droit, au moins de fait, dont on ne saurait dire toutefois si elle remonte à Tàge védi(jue. Le lien qui unit le roi au chapelain est assimilé au mariage, le choix de celui-ci à la cérémonie nuptiale; car la formule d'élection est la même que celle que récite 1 "époux en prenant la uiain de l'épousée: >< (}ui je suis, tu es; qui tu es, je suis : moi le ciel, toi la terre; moi la mélodie de l'hymne, toi les paroles de l'hymne; faisons donc route ensemble'». Le lien n'apparaît pas moins étroit entre eux. dans les textes qui comparent aux trois feux du sacrifice le chapelain, l'épouse et le fils du roi : le chapelain est le premier, le principal des trois'. Dans la littérature narrative, ce rapport éclate aux \-eux : on y voit le chapelain, somptueusement vêtu, assis derrière le roi sur l'éléphant de parade, faire en grande pompe le tour de la ville; le chapelain accompagner le roi qui fuit sa cité assiégée, lui seul avec
1. Pour ce qui coucerne le ^hiliâldiaruta, voir Hoi)iciiis, Rnliinj Ca^tii in anricnt Iiu/ia, p. 151 sq.
2. Tout indique (iii'eii principe il n'y ena qu'un. Le seul témoignage qui en implique plusieurs se lit dans un conte dont le caractère fictif saute aux yeux; et au surplus ils sont quatre frères: Sàyana, sur R. V. X. 57. 1, et cf. Geldner, Ved. Stiuf., II, p. 144.
o. Ait. Br. VIII. 27. Au rituel du mariage on dit: « Faisons donc ensemble la marche nuptiale. »