‹ La religion du VédaChapitre 221 sur 380 · Taitt. Samh. III · texte numérisé non relu

Taitt. Samh. III

6. C'est à Ijon droit que M. (jeldner (p. 144), qui en général exagère la connexion de la fonction de purôhita et de l'office du brahman, a invoqué l'autorité de ces deux derniers textes. Mais, pour un certain nombre de ses citations, on peut lui adresser le reproche d'avoir de parti pris entendu le mot brahman au sens où il implique une fonction spéciale de prêtre officiant (cf. infra, p. 338, n. 1). Par exemple, le passage Taitt. Sainh. I. 8. 9. 1, qu'au surplus il n'a point cité, me paraît également dénué de force probante, quoique le hrahinanet le râjanya y figurent dans la même relation où Çatap. Br. V. 3. 1. 2 place le purôliita et le sùyamâna.

7. Sur la place laite par les anciens textes au dieu sacerdotal Brhaspati, cf. infra p. 338, n. 1.

gardons-nous d'ontrer les conclusions : Tépoque récente a emMsagé l'office de brahman comme naturellement dévolu au purôhita; mais il ne s'ensuit pas du tout qu'elle le lui ait assigné en règle constante, et l'on ne devra nullement s'étonner de rencontrer à l'occasion ce prêtre investi de l'office de chantre' ou de toute autre fonction sacerdotale. Au moment de clore nos remarques sur le purôhita, nous ne devons pas oublier de mentionner la conjecture suivant laquelle ce haut office aurait été la première origine de toute la caste des brahmanes et de son monopole sacerdotal. Il est peu probable que l'avenir la justifie sans du moins lui faire subir de profondes modifications. L'existence d'un sacerdoce héréditaire et fermé remonte, nous l'avons vu, aux temps védiques, et probablement même loin par delà: il faudrait donc, pour l'expliquer, reculer par delà le Véda, par delà même peut-être la préhistoire de l'Inde, l'influence prédominante du chapelain royal ; et peut-on démontrer, voire est-il croyable que cette influence d'un fonctionnaire religieux ait été autre chose qu'un des mille facteurs de l'évolution si naturelle qui, en rendant héréditaires dans certaines familles le savoir et les pouvoirs religieux, prépara l'avènement d'une caste sacerdotale? Du point de vue védique, en tout cas, la dignité de purôhita n'apparaît nulle part comme une cause, mais au contraire comme une conséquence de l'existence d'une caste brahmanique : elle dérive logiquement du principe suivant lequel seuls les membres de certaines familles sont compétents en matière de culte; que, par la suite, à la faveur du crédit, de l'orgueil et des prétentions grandissantes de la caste des brahmanes, ce haut dignitaire de cour ait été appelé à jouer un rôle considérable, c'est assurément la vraisemblance même.

Les prêtres officiants. — Nous passons à l'examen du second type de mandataires sacerdotaux : ce sont les prêtres qu'on choisit à l'intention d'une cérémonie unique et dêter-

1. Pane. Br. XIV. 6. 8. — Notons enfin que Âçval. G. S. I. 12. 7 étalilitunç distinction expresse entre brahman et purôhita.

minée, et qui y remplissent, en nombre fixe, un ensemble de fonctions également bien déterminées pour chacun d'eux; bref, les sacrificateurs, les rtvijas.

La plus ancienne liste que nous possédions de ces officiants, c'est sans doute une stance du Rig-Véda' qui identifie successivement Agni à chacun d'entre eux: «A toi, Agni, appartient la charge de hôtar: à toi, celle de pôtar, selon Tordre rituel; à toi, celle denêshtar; tu es l'agnïdh de l'homme pieux ; à toi, la charge de praçéïstar ; tu fais office d'adhvaryu, et tu es brahman et maître de maison dans notre maison*»; soit en tout, déduisant le « maître de maison » qui est le sacrifiant, sept prêtres, les mêmes, selon toute apparence, que le Rig-Véda appelle aussi les « sept hôtars ». Il est au moins probable que ce nombre dépend de celui des sept Rshis qui furent les ancêtres mythiques des grandes familles de brahmanes.

C'est encore ce nombre sept qui apparaît, explicite ou implicite, dans nombre de rites ou de formules de la liturgie postérieure. Ainsi, quand l'adhvaryu, au premier pressurage du sacrifice de sôma, énumère les prêtres commandés pour la circonstance, il nomme le hôtar, les deux adhvaryus, les deux praçâstars,lebrahman, le pôtar, lenêshtaretragnidhra^: supprimons le second adhvaryu et le second praçâstar, acolytes postérieurement surajoutés*, et nous voilà revenus aux sept prêtres ci-dessus, qui dès lors doivent représenter le personnel primitif du sacrifice ; car on ne verrait pas comment cet appel

1. II. 1. 2. — Voir, sur ce catalogue, les documents colligés et soumis à uae sûre critique, il y a longtemps déjà, par Weber, Ind. Stucl.^ X, p. 141 et 376.

2. La liste se corrobore d'autres passages, où manque tel ou tel de ces noms, mais qui se complètent réciproquement : Weber, lot;, cit.,. p. 141, et n. 4. Les hymnes aux rtiidccatds méritent particulière considération.

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