‹ La religion du VédaChapitre 230 sur 380 · Àpast. Çr. S. X · texte numérisé non relu

Àpast. Çr. S. X

5. Apast. Çr. S. X. 14. 1. — Nous manquons encore d'explication précise pour la règle de ne se gratter qu'avec la corne d'antilope, supra p. 340 sq. etn. 4. On dirait qu'elle repose sur la croyance à un fluide nocif qui séjournerait dans le corps du patient: par cette raison, le contact d'un objet doué d'une vertu exorcistique serait plus indiqué que celui de ses propres mains. Les ethnologues nous api^rendront peut-être un jour quelque chose de plus topique. Pour

les textes, sous les formes les plus variées, nous donnent ex pfessément et avec insistance la dïkshâ pour un genre de tapas on macération corporelle'. La vertu magique de ce tapaa est comme une sorte de fluide, de substance mystérieuse, qui réside au corps de l'homme qui a subi la dïkshâ. Vient-il à se souiller par la vue d'un objet interdit, (( la dïkshâ le quitte, sa couleur bleu-noir [nllam], sa force empoignante [Itaraa) s'évanouit )). Si l'eau du ciel le mouille, « cela anéantit sa force, sa vigueur, sa dïkshâ, son tapas», et il faut, pour réparer le mal. dire à l'eau : (( O eaux, 6 mouillantes, donnez-moi force, donnez-moi vigueur, donnez-moi force, ne' détruisez pas ma dïkshâ, mon tapas'. » A ce nouveau point de vue, en corrélation avec le tapas, la dikshâ se rattache directement à un cycle d'observances qui ont pour objet d'amener un résultat surnaturel en surchauffant les organes.

Le tapas, en effet, bien que ce mot désigne dans la pratique les macérations les plus diverses, a été essentiellement, dans les premiers temps, la pratique de l'ascète qui se macérait par la chaleur; et aussi, étymologiquement, ce mot ne signifie-t-il que « chaleur ». « Du tapas enflammé naquit Ordre et Vérité», dit le Rig-Véda (X. 190. 1). Le prêtre, en couvrant de charbons allumés les tessons sur lesquels tout à l'heure se cuira le gâteau du sacrifice, leur dit : (( Échauffez-vous [tapijadhvam] de par le tapas des Angiras, des Bhrgus '.» La littérature postérieure mentionne fréquem-

moi, je me borne k signaler encore la coutume qui interdit au jeune Indien de l'Amérique du Nord, sur le point de passer au rang de guerrier, « de se gratter la tête ou aucune partie du corps avec les doigts; il ne doit se gratter qu'avec un morceau de bois » : Ploss, (las Kiiul, 2' éd., II, p. 429. — [La solution pourrait être plus simple et se formuler en syllogisme (supra p. 312, n. 1) : le sacrifiant est un soleil embryonnaire ; or le soleil est une antilope; or les antilopes se grattent avec leur corne: donc le sacrifiant doit se gratter avec une corne d'antilope. — V. H.]

1. Ct. : Vaj. Samh. 4. 2 et 7: Àpast. Ct. S. X. 6. 5, 12. 3; Àçval. Çr. S. IV. 2. 3; etc.

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