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S'agirait-il de drogues propres à procurer l'extase

2. C'est ainsi que l'A. V. (XI. 5. 6) dit du novice brahmanique empli de tapas : « En un clin d'œil il va de la mer orientale à la mer septentrionale » (?).

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les prêtres eux-mêmes se plongent dans cette eau : l'homme et la femme se lavent réciproquement le dos; en sortant ils s'habillent à neuf. Les offrandes et les formules qui accompagnent ces rites s'adressent pour la plupart à Varuna, le dieu qui délie de toute faute, et Ton implore à satiété l'absolution des péchés. « Tu as cent et mille médecins, ô roi. Que ta merci soit large et profonde. Chasse au loin la haine et la perdition. Même la faute commise, détache-la de nous. » On personnifie jusqu'au bain purificatoire; on lui dit: « Tu as par sacrifice expié le péché des dieux commis par les dieux et celui des hommes commis par les hommes : de toute ton étendue, défends-nous, ô dieu, de quelque dommage. »

Est-ce bien la purification morale que visait le rite primitif? Varuna le libérateur fut-il au début le dieu de ce bain symbolique? En admettant que ces élén:(;nts fussent étrangers à la cérémonie originaire, on comprend avec quelle facilité ils auraient pu y être introduits par des théologiens soucieux d'interpréter le sacrifice et de l'orner d'accessoires de leur propre invention : l'eau appelait naturellement l'idée de faire hommage et oblation à Varuna, roi des eaux, d'ailleurs, le bain était entré dans l'usage comme cérémonie expiatoire, et Varuna précisément était déjà le dieu qui absout. Tous ces traits s'accommodaient à souhait entre eux et avec le rite du bain final ; mais il est trop manifeste qu'il nous faut chercher autre part la notion qui y préside. Suivant une croyance très répandue sur terre, l'homme qui est entré en communication avec les puissances surnaturelles, en garde, sur lui et les objets à son usage, les traces tenaces sous les espèces d'un fluide à la fois sacré et funeste, qu'il lui est interdit de transporter dans les relations de sa vie journalière \ Cette communication, la dikshâ l'a ouverte: il faut la clore. Les vêtements rituels, les ustensiles que la dikshâ a mis en contact avec eux, l'homme et la femme les quittent désormais; mais cela ne suffit point, le fluide dangereux

1. Cf. notamment Flob. Smith, Rcl. of the Seinite.<, I, p. 405 et 432 .sq.

LA DiKSHÂ ET LE HALN SACRIFICIEL 349

tient à leur corps, il faut un bain. « Lorsqu'il descend à l'eau pour le bain sacré, il replonge dans l'eau la dikshâ », dit expressément un lîrâliinana ' ; et l'une des formules afférentes cadre au mieux avec cette acception primitive de la cérémonie: « les eaux pures, les libératrices, celles qui délivrent de la diksiiâetdu tapa>: - )). La corrélation symétrique de la dîksliâet de l'avabhitlia, ici explicitement indiquée, et impliquée au surplus par la nature même de ces rites, ne permet pas de douter du sens originaire de ce bain final : il s'agissait d'écarter, non point le péché et l'impureté, mais les marciiies des puissances surnaturelles encore adhérentes à la personne des sacrifiants '.

Je signale ici en terminant une cérémonie fort analogue à l'avabhitlia, sur laquelle nous renseigne la littérature védique postérieure: c'est le bain ou, plus exactement, l'ablution qui clôt le temps d'études que doit consacrer tout brahmane à apprendre le Véda. Cette ablution est à la consécration par laquelle s'ouvrent les études exactement ce qu'est

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