Apast. Çr. S. XIII
3. Ultérieurement, leau qui a dissous ces iluides acquiert iràv là des vertus magiques. Du bain qui clôt le grand sacrifice du cheval, il est dit: « Quand le sacrifiant en est sorti, on y fait entrer des criminels, sans qu'ils aient auparavant gardé d'autres observances, et on les considère purifiés ijar le bain du sacrifice » (Kâty. XX. 8. 17-18). — Je mentionnerai encore un rite accessoire de ce bain : on amène à l'eau un nain difforme; selon Çâùkh. il doit appartenir à la famille des Atris, mais le Yajur-Véda ignore cette particularité; au moment où l'eau lui entre dans la bouche, on verse sur sa tête une libation « au meurtre de l'embryon »; après quoi, on le lâche et on le chasse (Çânkh. Çr. S. XVI. 18. 18 .sq., et cf. Kâty. XX. 8. 16). Cet avorton représente peut-être le pécheur tombé au pouvoir de Varuna et marqué du signe de ce dieu(Taitt. Âr. I. 2. 3): l'eau qui lui entre dans la bouche le purifie de tous péchés, y compris le plus grave de tous, le meurtre d'un embryon. Moins vraisemblable, si je ne me trompe, est l'interprétation de Çat. Br. XIII. 3. 6. 5 et Taitt. Br. III. 9. 5. 3, qui voient dans ce figurant Varuna lui-même. En tout cas, c'est à tort que Weber (Zcitsc/u-. der Monj. Ge.?., XVIII, p. 268) enseigne que la cérémonie symbolise un sacrifice humain, et que c'est la mort — il ne meurt pasi — de TAtri difforme qui fait la vertu expiatoire de cet avablutha du sacrifice du cheval.
à la dîkshâ le bain final: au début, l'étudiant a prononcé des TCKux, qui Tout mis en contact avec certaines puissances divines, ont développé en sa personne cet état de tapas' également caractéristique du sacrifiant consacré; aujourd'hui il se délie de ses vœux et l'ablution en fait disparaître jusqu'à la moindre trace. Des formules symétriques de l'une à l'autre cérémonie se répondent: — « Agni, seigneur du vœu, je veiix observer le vœu »; — « Agni, seigneur du vœu, j'ai observé le vœu - ». — Les insignes de son état, adoptés à son entrée à l'école, la ceinture, le bâton et la peau d'antilope, il les quitte et les jette à l'eau ^ ; il s'habille de vêtements neufs. Le parallélisme absolu du rite de fin d'études et du bain sacrificiel est de tous deux le meilleur commentaire *.
Observances cultuelles.
La dîkshâ est, dans la tradition védique-, Le plus remar- (j[uable exemple d'un ensemble d'observances préliminairesà l'accomplissement d'une œuvre pie. L'exposé qui précède peut donc servir d'introduction à celui qu'il nous faut à présent aborder, à un aperçu synthétiqaie des divers types de semblables observances qui s'imposent à quiconque s'apprête à célébrer certains rites déterminés, soit en entrant dans une nouvelle phase du cours de sa vie, soit au moment d'entreprendre telle ou telle spécialité de son programme d'études. Ces- règles ont pour but, tantôt, comme essentiellement pour la dlk&hâ, de douer l'homme de certains attributs occultes et magiques, tantôt, au moins à l'origine', de bannir les agents démoniaques; car l'homme qui se dispose à célébrer quelque rite sacré, à recevoir communication de quelque science mystique, se transporte par le fait sur un terrain directement
1. Cf. A. V. XI. 5. 1,2 et 1. Maau (XI, 122] cOi^peUe cette mystique sainteté du novice « l'acBité bralimajiiqu& ». •2. Hiranyak. G. S. l. 7. 8, I. 9. 8.