‹ La religion du VédaChapitre 238 sur 380 · Tatap. Br. I · texte numérisé non relu

Tatap. Br. I

3. Le noinbre 17, consarr;; à Prajâpaîi, pénétre d'un bouta l'autre tout le rituel de cette cérémonie.

■1. Cette phrase paraît signifier : « il ne se rend pas coupable do l'outrecuidancede vouloir s'approprier toute nourriture .sans réserve »: en et même temps « sa vie n'aura pas une fin prématurée ».

5. Çatap. Br. V. 2. 2. A, et cf. IX. 3. 4. -1. Voir Weber, ûbt-r ch-a Yâjaptya, p. 36.

JEÛXE ET A3STIi\EXCK 3o5

(le sacrifiant) ne mang:era plus sa vie durant')). Il se peut bien que les compilateurs du rituel n'aient vu là qu'une règle morale : vouloir jouir de tout, c'est courir à sa perte; la tempérance, qui sait renoncer au moins à une jouissance, est la première condition du succès. Mais la comparaison d'usages pareils relevés en grand nombre parmi les non-civilisés donne à penser qu'il s'agit ici de quelque lointaine survivance de l'institution du tabou, imputable même, au moins partiellement, à quelque origine totémistique-. L'usage est fort répandu de s'abstenir de cueillir tel ou tel fruit ou de capturer un certain animal, soit que l'objet passe pour un totem, soit qu'on s'en prive au profit des esprits ou des âmes défuntes, soit enfin que chacun à sa guise, ou guidé dans son choix par quelque intersigne, fasse alliance avec telle ou telle déité et s'inflige en son honneur tel ou tel genre de renoncement'. Il se pourrait bien que l'observance védique recelât pareille pratique, soit un contrat « donnant donnant », par lequel l'homme abandonnerait aux esprits un certain aliment, moyennant que ceux-ci lui départissent tous les autres et lui en garantissent la sûre jouissance. L'interdiction de volaille et gibier ailé au constructeur de l'autel d'Agni ' ressemble

1. Çat. Br. VII. 2. 4. 14. Cf. Weber, Ind. StucL, XIII, p. 245. — Je rappelle aussi la règle que donne Gôbliila pour celui qui apprend un certain hymne dun caractère particulièrement sacré (III. 2. 58); je crains de lavoir mal comprise, Sacrcd Books oftheEast, XXX, p. 76, et je la traduirais aujourd'hui « il s'abstiendra d'une sorte quelconque de céréales, d'un lieu quelconque, (l'un vêtement quelconque ». — Non pas identique, mais comparable, est la défense (supra p. 67) de man- , ger de la viande de chèvre ou de s'asseoir sur du kuça, pour le sacrifiant qui a employé la chèvre ou le kuça à titre de fétiche du feu sacré, ainsi que la défense, à celui qui par raison de bon augure est venu emprunter son feu à la maison d'un homme riche, de rien manger à cette ooeasion dans ladite maison (Âpast. V. 14. 2): ce serait, dans l'un et l'autre cas, une offense au feu sacré, qui pourrait être chèrement payée.

2. Sur les interdictions alimentaires dans leur relation avec le totémisme, voir Frazer, Totemi.?ni, p. 7 sq. et 42 sq.

3. Voir des exemples, notamment dans Lippert, fCultur/j-schichte^ I,p. 118, II, p. 319 et 313.

4. Çatap. I3r. X. 1. 1. 13. C'est, dit le texte, parce que l'autel est

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fort aussi à ces tabous qu'observent nombre de races sauvages.

Dangers divers; contact des morts. — Le sens des abstinences énumérées ci-dessus à la suite du jeûne se laisse aisément pénétrer: il s'agit presque toujours de se garder de l'assaut des démons. C'est la terreur qu'ils inspirent qui oblige l'allumeur des feux sacrés à veiller en silence, contraint le jeune disciple à passer sans mot dire le jour entier de son admission à l'école, lui impose, outre le silence, à la veille d'une leçon plus sainte que les autres, la prescription de se bander les yeux, évidemment pour échapper aux formidables visions qui l'environnent; c'est à elle encore qu'obéit en fin d'études ce même disciple, qui, après avoir célébré les rites de son admission parmi les adultes, passe la journée assis dans la retraite'. Il faut sans doute en dire autant de l'obligation de coucher sur le sol : on trompe ainsi la poursuite des ennemis qui viennent nuitamment cerner la couche accoutumée. Quant à la chasteté, on peut, ainsi qu'il sera dit au sujet des rites funéraires, la ramener au même motif, ou bien y voir une règle de conservation d'énergie^.

Certaines observances mettent fortement en lumière le caractère défensif que nous signalons: ce sont les précautions prises contre tout ce qui touche de près ou de loin à la mort ou aux défunts. Quand le brahmane est snâtaka, c'est-à-dire qu'il a pris son bain de fin d'études, il ne faut pas qu'en aucune direction sa vue rencontre un porteur de morts, à plus forte raison, qu'il se rende à un cimetière. Au précepteur qui s'en va au bois pour donner à son élève les enseignements secrets qui exigent la solitude, il est interdit de voir du sang, ou un cimetière, ou même, autant qu'on le peut induire d'un passage de sens obscur, certains animaux

construit en forme d'oiseau ; et cette explication nous convaincrait davantage, si précisément la même observance ne s'imposait aussi à l'étudiant qui apprend le jycshthasàincui [une certaine mélodie] : Gôbh. G. S. ni. 2. 57.

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