LE BAIN ET LA TOILETTE
sa barbe [gOdânn) ' : il ne doit, ni se baigner, ni se pei{;ner, ni se nettoyer les dents ni se laveries pieds'. Parmi les pratiques ascétiques qui accompagnent la fùte de chaque -aison {càtuj'inùsija) figure celle de s'abstenir de bain jusiju'au bain final [arablirtha)": obligation de bain à un moment donné, interdiction de bain jusqu'à ce moment, ici la logique reçoit pleine satisfaction. Dans une stanceoù Ton nie la valeur de l'effort ascétique (tapas), nous lisons • : (( A quoi bon l'ordure ? à quoi la peau de bête ? à quoi la barbe ? à quoi l'ascétisme?» L'ordure, c'est-à-dire évidemment l'abstinence de bain, est donc l'état caractéristique de quiconque prétend par le tapas atteindre une puissance surnaturelle. Ne dirait- on pas que cette idée a été transportée de la coutume humaine sur un animal voué à une destination sacrée? Le cheval du sacrifice, après sa consécration, est laissé libre de vaguer à sa fantaisie durant une année; mais, pendant tout ce temps, ceux qui le surveillent doivent l'empêcher de s'approcher d'eaux où il pourrait se baigner'.
La toilette des cheveux et de la barbe comporte les mêmes règles que le bain, outre quelques dispositions spéciales. Suivant une coutume immémoriale, certains rites d'initiation, soit de l'enfant, une ou plusieurs années après sa naissance, soit, plus tard, de l'adolescent, requièrent au premier chef la coupe des cheveux, puis celle de la barbe. On les coupe suivant la mode héréditaire dans la famille; car chacune a sa coiffure particulière à laquelle on la reconnaît et qu'on impose au jeune sujet. Cette cérémonie fut peut-être autrefois une offrande de la chevelure ou de la barbe aux
1 . Ce temps de consécration s"ouvre, comme le temps d'études, l»ar une cérémonie dite aussi « introduction » et équivalente à r « introduction » du novice. Les devoirs quotidiens sont les mêmes : porter la ceinture, aller mendier, mettre la bûche au feu sacré, etc., Gôbh. III. 1. 10 et 27.