LE HAIX ET LA TOILETTE
à un sacrifice, et que, avant d'entrer dans une nouvelle existence, le mort doit se purifier de la souillure de la mort contractée dans celle ([u'il vient d"acliever.
Vu à l'inverse, le parallélisme se maintient exactement entre le bain et la toilette : il y a des cas, par exemple, où il est interdit de se faire couper les cheveux.
En toute occurrence où un sujet est censé imprégné de quelque fluide sacré ou magique, on s'en représente tout son corps pénétré et bondé, y compris ongles et cheveux. Ainsi, nous dit-on, celui (pii se récite à son usage les Védas avec pleine conscience de l'efficace mystique d'un pareil acte, fût-il oint, paré et couché sur un bon lit, est « comblé de tapas jusqu'à la pointe des ongles»'. Le quatrième jour après les noces, avant la consommation du mariage, on oint la jeune épouse, « y compris ongles et cheveux ^ », d'eau OLi l'on a laissé séjourner des reliefs d'oblations propres à conjurer le mauvais sort. On a vu plus haut le tapas de l'ascète incarné dans la crasse qui le recouvre, dans la peau qui le vêt, mais aussi dans sa barbe ^ : jusqu'à la barbe il est rempli de fluide surnaturel. La conséquence va de soi : aussi longtemps qu'il importe de conserver semblaNe vertu, on s'abstiendra de toute toilette des ongles et des cheveux, et aussi l'ascète s'en abstient-il toute sa vie. On a vu que l'adolescent, privé de bain pendant un an après le gôdâna, ne doit pas non plus toucher à sa chevelure*. A la suite du sacre, le roi est tenu à une observance d'un an : il peut se faire frictionner, mais non se baigner; se faire raccourcir, mais non pas tondre ou raser la barbe et les cheveux * . Sur ce point spécial un Brâhmana s'explique en ces termes ^' « C'est avec la vigueur accumulée, avec le suc des eaux, qu'on l'asperge [en