‹ La religion du VédaChapitre 254 sur 380 · Vâjas. Sauih · texte numérisé non relu

Vâjas. Sauih

3. Ne pas se méprendre à la prière (pii demande la « sainteté» pour le brahmane: il ne s"agit point du tout de la sainte1<é au sens moral, mais de la vertu et de l'art mystiques, ou même, si l'on peut dire, du fluide de magie inhérent à la caste sa<:-erdotaJe.

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prières en prose, que les hymnes spécialement affectés au sacrifice de sôma, tantôt récités et tantôt chantés, qui sont consignés clans le recueil du Rig-Véda et constituent par là le fonds essentiel des prières traditionnelles de l'âge védique. Un élément, toutefois, s'y joint : on y énonce bien les vœux des hommes; mais, avant tout, on y célèbre le dieu, sa grandeur^ sa puissance, son être surnaturel, ses exploits, dans un style dont le caractère a été défini au début même du présent ouvrage. Le don qu"on espère du dieu concilié par cette louange, on le demande accessoirement en peu de mots. On dit à Indra : (( O maître des chevaux bais, nous avons des désirs et ta es le donateur; nous voici, voici nos prières. » Et Indra lui-même dit aux dévots : (( En pressurant le sôma demandez-moi des biens'. » Ces biens ne sont énoncés qu"en termes généraux, conformes à l'esprit si peu individuel de cette poésie liturgique : on sollicite des dons, des trésors, la bénédiction, la protection, la victoire sur tous assaillants. Lorsqu'on précise davantage, c'est longue vie, postérité, boeufs et chevaux, chars et or ; puis encore, revers de toute sorte pour les ennemis, les avares, les contempteurs des brahmanes ; que le dieu leur ravisse leur avoir et le distribue aux fidèles. Il est fort rare qu'on souhaite un cœur pur, la grâce de ne point faire ce qui déplaît aux dieux. Dans la sphère de bien-être matériel où se meut la pensée, le désir d'apaiser un dieu irrité et de se libérer des liens du péché où l'on se sent captif-, le cède de beaucoup à l'ambition des riches et des heureux de ce monde qui aspirent au triomphe et à la toute-puissance. Pour donner plus de poids à sa prière, le suppliant rappelle au dieu son zèle pieux, l'antique amitié qui les unit, les bienfaits antérieurs qu'il a reçus de lui ; il lui donne à entendre que, s'il était le dieu et que le dieu fût à sa place, il ne se ferait point faute de l'exaucer et de le combler aussitôt. Les accents de la passion, de l'humble abandon aux mains du dieu, de l'aspiration

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