OBLATIOXS MENSUELLES ET ANNUELLES
visiblement anciennes et empreintes du caclict d'un véritable culte populaire. Chacune d'elles fait une place d'honneur aux Maruts,di\ initésquelevédisme postérieur n'aurait probablement pas fait passer ainsi au premier plan si elles ne l'avaient déjà occupe. A la deuxième, celle du début de la saison des pluies, figure une oblation de fruits de karïra, (pi'on jette par dessus les autres offrandes : l'emploi habituel de ces fruits dans le rituel nous fixe sur le caractère de la cérémonie ; c'est un charme de pluie', destiné à hâter la venue de la saison orageuse. « L'offrande de karïra, c'est pour la pluie, pour l'obtention de l'abondance de nourriture », dit expressément un Brâhmana-. Pour le constater en passant, c'est là, que je sache, dans l'ensemble des trois fêtes, absolument le seul trait qui vise un phénomène météorologique de l'année hindoue, mais non le seul de culte populaire.
A la même férié, en effet, on ajoute aux oblations ordinaires deux effigies en pâte de farine, surcollées de laine, représentant un bélier et une brebis, où l'on a donné aux organes de la génération une ampleur inusitée : rite assez clair; il s'agit de la fécondité des troupeaux. Quant à l'offrande expiatoire qui y intervient, nous l'avons déjà étudiée plus haut' : la raison qui l'y a fait introduire, c'est sans doute que, dans tout le cérémonial de la fête, la première place après les Maruts est dévolue à Varuna, le dieu de qui relèvent le péché et la pénitence'.
La troisième férié comprend un grand sacrifice funéraire, comme qui dirait une Commémoration des Morts : il se peut bien que l'antique fête hivernale des défunts, qui remonte à la période indo-européenne, ait été insérée à cette place dans le cadre du culte védique. 11 s'y joint un sacrifice à