Cf. supra p. 272 sq
}. Sur les Maruts et Mitra-Varuna en tant que dispensateurs de pluie, voir Bergaigne, Rd. Véc/.,11, p. 185, et cf. supra p. 169. — On peut penser aussi que Varuna figurait à la fête à titre de dieu de la pluie, et qu'à titre de dieu vengeur du crime sa présence entraîna l'annexion de l'oblation piaculaire.
Rudra Tryambaka, le formidable dieu-archer, pour préserver de ses atteintes les hommes et le bétail, et leur assurer larertu des remèdes qu'il dispense. Dans un carrefour, séjour favori des déités malfaisantes, on lui offre autant de gâteaux que la famille compte de membres, et un de plus', qu'on enfouit dans une taupinière : « voici ta part, ô Rudra; la taupe est ton animal ))• « Ce faisant, on lui assigne la taupe parmi les animaux : ainsi il ne fait point de mal aux autres bêtes », explique un Brâhmana-. On dit tout bas : « Nous avons donné sa part à Rudra, au dieu Tryambaka, pour qu'il nous fasse du bien, pour qu'il nous rende heureux, pour qu'il nous mène au but certain. Tu es remède' : remède pour les bétes à cornes, remède pour le cheval et l'homme, j)rospérité ' pour le bélier et la brebis. )) On fait le tour du feu, trois fois vers la gauche et trois fois vers la droite, en frappant des mains, respectivement, sur la cuisse gauche et sur la cuisse droite. Les jeunes filles que le mariage n'a pas encore fait sortir de la famille prennent part au cortège et prient Rudra Tryambaka, qui procure à la vierge un époux : « comme la courge de sa tige, puissé-je me détacher d'ici, non de là ! »• c'est-à-dire « de la maison paternelle, non du foyer conjugal ». A la fin, on jette en l'air les restes des gâteaux sacrés, puis on les ramasse et on les dépose dans deux corbeilles, qu'on suspend très haut aux deux bouts d'une poutre en équilibre : c'est le viatique offert à Rudra, pour qu'il s'en aille bien loin sans nuire aux hommes.
Tels sont les éléments caractéristiques et visiblement traditionnels du rituel des trois saisons. La quatrième fête qui s'y est superposée, le Ounâsîrîya, n'est probablement qu'une addition artificielle imaginée par les théoriciens du sacrifice. Ainsi que l'indique son nom, elle est à l'adresse de certains
1. Tout comme, dans le rite expiatoire ci-dessus, on ai^prête les assiettes de pâte cnite qui serviront de dépotoirs pour les péchés de la famille, autant que celle-ci compte de membres, et une en plus: p. 272.