‹ La religion du VédaChapitre 26 sur 380 · Pischel et Geldner op. ot loi-, oiti · texte numérisé non relu

Pischel et Geldner op. ot loi-, oiti

LE VÉnA KT LAVES l'A 25

reproduit le surnom du formidable dieu de l'orage, Indra \'rtrahan, (( meurtrier de \\tvd ».

Que dire du grand Asura, dieu et roi, que Tlnde révrre sous le nom de N'aruna, et dont l'Avesta a fait lo disi)ensateur de tout bien, le dieu par excellenee, Ahuramazda ? De part et d'autre, il gartlo, jusqu'au détail infime, ses traits oaraetéristiques. De part et d'autre, il règne sur la vérité ou l'ordre suprême (en védique rta, en zend asha, c'est le même mot). Comme Varuna, l'Ahura des Perses est en connexion intime avec le dieu Mitra ; comme lui, il tient la tête d'une famille de sept dieux lumineux. \'aruna retient le soleil, l'empêche de tomber du ciel iara-pad], lui trace sa roule dans les espaces; Ahura retient la terre, l'empêche de tomber (arn-pad), fraie la route au soleil et aux constellations'. Est-ce tout ? Non : le type même de tous ces dieux-, qui traversent les cieux sur leurs chars de combat attelés de chevaux. — ■ étincelants et loyaux, presque exempts des tares de perfidie, de cruauté ou de licence dont d'autres mythologies les entachent, mais étrangers aussi à l'idéal de beauté qui relève le panthéon olympique, — ce type splendide de l'Ârya divinisé n'a point dans la poésie avestique moins de relief que dans le Véda.

Communes aux deux peuples, au point de se compléter mutuellement, sont aussi les conceptions relatives à la mort. au premier homme qui en passa le seuil redoutable et devint roi des morts : ici, Yama, fils de Vivasvant ; là, Yima, fils de \'ivanlivant. Commun, eniin. le sacrifice. Leur oblation la plus précieuse, c'est le sôma védique, le haoma avestique, que de part et d'autre leurs prêtres appellent (( le roi des plantes, qui croit dans la montagne, (jue la pluie céleste a nourri, que l'aigle ou les

1. IL V. I. 105. 3 ; car c'est évideiiunent ii ^'a^'ll^a ([ue songe le poète : et voir d'autres passages dans Bergaigne, Rel. Vi'iliqm-, III, p. 118. — Yasna 4t. 3-4 ; et cf. .1. Darmesteter, Ormasd et Ahriman, p. 51.

2. Notons à ce propos que l'Avesta, tout comme le Véda, a conservé le nombre traditionnel de 33 dieux : .1. DaiMuesteter, "p. '-/t., p. 39, n. r..

aigles ont apporté « : on en extrait le suc par pressurage, on le passe au filtre de laine, on y mêle du lait. Il ne manque vraiment à l'Éran que le buveur de sôma, le dieu Indra: il a dû disparaître dans le caractère spiritualiste que Zarathushtra a imprimé à sa religion, et son banquet d'ivrogne a fait place à des consécrations vagues, à des survivances appâlies et tournées au symbolisme ; mais l'identité des deux rituels n'en est pas moins manifeste, ici et partout ailleurs. L'emplacement du sacrifice est orné d'une jonchée ou d'un coussin dherbe, qui est censé le siège de la divinité : en védique, c'est le haî'Jiis; dans l'Avesta, le haresman'^; et, quoique celui-ci en ait changé l'aspect extérieur, il le dit stereta (( jonché », tout comme l'Inde l'appelle .stîrna; l'homme pieux se désigne par la même périphrase, « celui dont la jonchée est parée ». C'est le même prêtre, ici le hôtar, là le zaotar, qui récite les prières dont la forme poétique est, dans les deux recueils, si concordante. Et ces prières portent sur les mêmes objets, reflétant ainsi les vœux naïfs des croyants de l'antiriue unité indo-éranienne : ])uissions-nous franchir victorieusement les haines, échapper au loup et au larron ! puissent les gens et le bétail prospérer, le cheval se ruer fougueux au combat, une descendance drue et forte perpétuer la race ! ou bien encore — abandon serein de la piété dans les mains de la divinité — que la volonté d'en haut soit faite !

La pensée de l'Avesta, sans doute, est traversée de bien des courants nouveaux. Le Véda donne à la lecture une impression beaucoup plus franche: on se sent dans un milieu d'idées qui ont pu être exprimées dès l'époque indo-éranienne, qui l'ont été même, et en termes identiques. Que, de ces temps préhistoriques à l'aurore de la période védique, la pensée et l'expression se soient tout à la fois compliquées et raidies, qu'en particulier les raffinements de mysticisme dont elles se sont obscurcies portent exclusivement la marque du génie

1. L'identité originaire de ces deux accessoires ressortira de notre description dvi culte et du sacrifie^

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