‹ La religion du VédaChapitre 265 sur 380 · Cf. R. V. VII. 5L · texte numérisé non relu

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aux Marats', le Rig-Véda, il est vrai, confirme leur participation au banquet de sôma; mais le témoignage en est si indigent, qu'on est fort naturellement amené à ne voir dans cette pratique qu'une singularité propre à quelques familles sacerdotales, puis ultérieurement généralisée dans le culte officiel. Les déesses, elles aussi, sont déjà buveuses de sôma dans le Rig-Véda; et l'invitation qui associe à leur maître les coursiers d'Indra, est tout à fait dans l'esprit des hymnes qui le composent, sans qu'il en faille conclure qu'elle y figurât déjà au rang et sous la forme que lui assigne le rituel postérieur. Mais, quant à la libation à Savitar, je la crois nettement étrangère à l'ancienne liturgie: si dès ce temps on la lui eût , versée, comment expliquer qu'aucun des hymnes que lui consacre le Rig-Véda n'y contienne la plus légère allusion-? Toute libation est accompagnée d'une stance oblatoire [yôJijâ) : n'est-il pas piquant de constater que, pour se procurer une yàjyâ adressée à Savitar, la liturgie dut la chercher en dehors du Rig-Véda ou plutôt la composer elle-même tout exprès'?

Il n'était pas hors de propos d'insister quelque peu sur ces détails, afin de préciser la relation du sacrifice de sôma avec les diverses divinités qui se sont chronologiquement succédé dans le panthéon védique. Le dieu suprême et presque unique du védisme postérieur, Prajâpati le Créateur, a bien pu s'y introduire dans des rites accessoires, dont le caractère adventice et moderne demeure toujours aisément reconnais sable: mais au principe et à l'essence de ce sacrifice il reste entièrement étranger. Or ce qui est vrai de Prajâpati l'est à peu près de Savitar: ce dieu, que célèbrent nombre d'hymnes du Rig-Véda, est sans doute plus ancien que Prajâpati ; mais tout concourt à le faire ranger, de par sa nature et son nom

1. Cf. R. V. V. 60 et III. 26. Ce dernier, il est vrai, ne parle pas du banquet de sôma ; mais voir les fines remarques de Bergaigne, Rcch. sur l'Jdst. de la lit., p. 39.

2. Car on ne saurait donner pour concluants R,. V. IV. 34. 8, IX. 81. 4, ou similaires.

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