LE SACRIFICE DE SÔMA
abstraits ', — « l'Excitateur », — parmi les création^, relative ment modernes du sentiment religieux. On vient de définir sa situation au rc.irard du sacrifice de sôma: les textes védiques récents lui assurent une place à ce banciuet, mais le Rig- Véda semble len exclure : preuve évidente que, dès cette époque, le rituel avait acquis et garda, un temps au moins, une fixité suffisante pour interdire l'accès aux dieux de nouvelle création^ C'est ainsi, — et Ion en a déjà fait la remarque", — que dans une certaine mesure Agni lui-même se trouve exclu du groupe des dieux buveurs de sôma: on ne lui en offre qu a titre accessoire, à la suite de quelque longue série de déités et en raison de ses rapports particuliers avec l'un des prêtres du groupe auquel répond spécialement ce groupe divin '; ou bien encore en compagnie d'Indra % qui lui communique alors quelque chose de sa propre nature: mais il n'y a point droit par lui-même, et les honneurs qu'ili reçoit à cette occasion sont fort loin de correspondre à la situation importante que lui fait partout ailleurs l'esprit du Rig-Véda. Dans cette liturgie du sacrifice de sôma l'on entrevoU encore la survivance d'un âge où Agni n'était pas monté à ce rang, où il n'était que le serviteur des dieux, et non un dieu qui allât de pair avec les grands célestes.
Nous avons vu plus haut « comment se contrarient ou se fondent dans le culte védique les deux conceptions du sacrifice, tantôt acte de libéralité destiné à gagner la faveur divine, tantôt opération magique propre à influencer le cours des