Weber, op. rit., p. 56 sq., 69 et
Plus solennel encore et plus efficace que le râjasûya est \e vajapêi/a ou a boisson de vigueur»'. Le rite dominant, ici, est une course de chevaux, où naturellement le sacrifiant remporte le prix: opération magique qui lui procure la vigueur fougueuse [càja] si visiblement incarnée dans le cheval de course. Vient ensuite le rite déjà décrit- de la « montée au soleil », c'est-à-dire vers une roue en pâte de farine de froment, qui représente le soleil et qu'on a posée au sommet du poteau qui sert à attacher la victime animale. Redescendu, le sacrifiant se présente au sacre, administré à rinstar des solennités précédentes \
La manifestation rituelle la plus élevée de la puissance et de la splendeur royales, c'est le Sacrifice du Cheval [acvamêdhn]'-. « Il a parcouru toute la terre en triomphateur et offert le sacrifice du cheval » : c'est en ces termes qu'on célèbre la gloire des plus illustres souverains légendaires ^ On a montré plus hauf^ que, bien qu'un prince déjà victorieux soit seul admis à l'accomplir, ce n'est point là un sacrifice d'action de grâces, mais un sacrifice de supplication, par lequel le roi obtiendra de satisfaire toutes ses plus hautes ambitions. Si les textes rituels nous donnent pour les bénéficiaires de cette œuvre pie tous les dieux en général, et en particulier Prajâpati", ils laissent entrevoir néanmoins les traces d'une destination antérieure et différente, sous forme de stances ■ qui relatent les sacrifices de chevaux célébrés,
1. Cf. Weber, îV/w/- f/t'/i Vâjapêya,in Sit^-uiujsbor. der Berl. Akad., 28 juillet 1892. — Cette fête, au surplus, n'est pas le monopole du roi : elle peut être célébrjée par toute personne de caste princière, et aussi de caste sacerdotale.