RITES DE LA VIE PIRLIOIE
par des princes du temps jadis en l'honneur d'Indra meurtrier de Yitra; et il faut convenir qu'aucun dieu n'était aussi bien qualifié pour présider à une cérémonie dont la dominante exclusive est rhéroïsme j2;uerrier. La victime choisie, l'animal royal par excellence, symbolise, nous l'avons dit', la fougue victorieuse que le roi prétend acquérir ou accroître en sa personne.
Un bain inaugural consacre le cheval à sa sainte destination. On s'est procuré un chien « à quatre yeux », c'est-àdire marqué de deux taches en forme d'yeux, qui doit représenter les puissances démoniaques-. Un homme de basse naissance l'abat d'un coup de massue ', et l'on immerge son cadavre dans le bain du cheval. « Qui attente à la vie du cheval, le mal de Varuna s'empare de lui «, dit la formule afférente. Ainsi consacré, le cheval est laissé libre d'errer à sa fantaisie durant tout un an : une escorte de jeunes gens armés suit ses pas et veille sur lui. Pendant ce temps, sur l'emplacement du futur sacrifice, on fait des oblations de toute sorte, on raconte solennellement des légendes, on chante, on joue du luth; jeunes et vieux, grands et petits prennent part à ces fêtes somptueuses. L'année écoulée, on célèbre un triduum de sacrifice de sôma, au milieu duquel on immole le cheval avec une multituded'autres victimes*. L'épouse
1. Supra p. 303. — « Les chevaux sont un attribut de la dignité royale », dit un texte bouddhique qui interdit de manger du cheval: Mahàvagga \Vinnya-Pital,a), VI, 23, 11.