‹ La religion du VédaChapitre 285 sur 380 · Cf. supra p · texte numérisé non relu

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un autre sujet; un regard imprudent expose un sujet à s'en voir infecté : d'où la prescription, si souvent répétée, de ne point regarder tel objet ou de ne pas se retourner en se retirant.

A ces modes très divers de contamination, dont nous n'énumérons que les principaux, s'opposent, comme de raison, certaines défenses : l'eau, le feu, les montagnes, les orifices étroits sont autant d'obstacles. Nous pouvons nous borner ici à ces brèves indications; car, dans l'étude détaillée des types d'opérations magiques, on trou\"era nombre d'exemples l)ien caractérisés d'établissement et d'interruption de ce circuit iluidique.

Il nous faut pourtant insister encore sur l'imprécision de la limite (jui sépare les fluides impersonnels des démons personnels : dans le clair-obscur de ce monde de sorcellerie. où s'agitent pêle-mêle les fantômes aux formes instables, mauvais génies et substances nocives se fondent incessamment les uns dans les autres. (Je qu'on nomme, par exemple, \e pfipnian \ « le mal », est, tantôt un objet du genre neutre, tantôt un être malfaisant : on parle des (( déités dites /)«/)- 7naii )), du « pâpinan immortel à mille yeux », que l'on supplie de faire grâce et de rendre la liberté à sa victime -. A leur tour, ces figures fantastiques et les procédés à leur adresse ne sont jamais nettement distingués des êtres réels et réellement nuisibles, ni des mesures de défense que l'expérience a enseignées contre eux. On a déjà vu-' que les serpents, les vers, les fourmis passent pour des êtres démoniaques et qu'on les exorcise en cette qualité, de même que la vache nourricière est tout à la fois bête et déesse. Qu'on s'efforce d'écarter la vermine par quelque moyen

1. Ce mot (masculin) a effectivement le sens de a entité méchante » ou « puissance malfaisante ».

2. A. V. XI. 8. 19, VI. 26. — Voir aussi tout l'hymne IX. 8, où les deux concepts de personnage démoniaque et de substance impersonnelle alternent si capricieusement; et constater, avec Grohmann [lad. Stud.,l^, p. 383), la même alternance entre la maladie tahinan et le démon morbide Takman.

o. Cf. sui)ra p. 57 s(|.

reconnu ou cru efficace, ou qu'on recoure à un pareil procédé contre une substance ou un démon morbide, le principe des deux traitements reste essentiellement le même. Si, d'une part, la superstition et la magie se confondent à l'origine avec la croyance et le culte, de l'autre, parmi les éléments anciens de la religion et de la superstition, ^c mêlent quantité de données de science et d'in^giène primitives, dont à peine notre systématisation est en mesure d'effectuer le départ, par une vue abstraite qui ne répond en rien à la réalité objective des faits.

Ces préliminaires nous rendent très aisée la description des principaux types d'opérations magiques. Le sorcier clierche, dans la plupart des cas, à éloigner de soi-même ou d'autrui certains démons ou certaines substances magiques ; dans d'autres, à se les assimiler ou à les infuser à son client. S'il s'agit de résultats qu'il ne peut obtenir directement, — phénomènes naturels qui échappent au pouvoir de l'homme, action à exercer à distance ou sur un plus fort que soi, — on s'ingénie à les obtenir en les réalisant en effigie, soit pour amener à soi ou influencer l'original', ou sur une partie même minime de l'objet, pour agir sur l'objet tout entier. Étant donné le concept primitif de l'identité substantielle de l'effigie et de l'original, de la partie et du tout, on voit que ce mode ne diffère point, dans son essence, de celui qui consiste à infuser un fluide magique dans le sujet en expérience. On reconnaîtra identiquement le même principe dans une autre grande catégorie magique, qui mérite dès à présent une mention, le charme de divination, qui, visant un événement futur ou par ailleurs impénétrable, prend un détour pour l'atteindre : la voie ordinaire consiste à créer quelque effigie du phénomène qu'on a en vue, ou bien à l'emprunter toute faite à un ordre de choses déjà existant, notamment à l'ordonnance du sacrifice, si profondément imprégnée de sym-

1. Avec plus de précision on distinguera les trois cas suivants: opération exécutée sur une effigie du sujet ; simulacre de l'opération exécutée sur le sujet même; simulacre de lopération exécutée sur une effigie du sujet.

bolisme mystique ; de l'observation du phénomène symbolique on induit ensuite ce qui se passera dans la réalité. Toutà-l'heure l'action exercée sur Timage devait se répercuter sur l'original ; ici, en expérimentant sur l'image, on parvient à la connaissance du fait nnstérieux : même conception de part et d'autre.

Bannissement des agents hostiles. — Des types brièvement décrits ci-dessus, nous donnerons maintenant les exemples les plus caractéristiques, et nous commencerons par les procédés en usage pour l'expulsion des puissances malignes. En principe, on l'a dit, ils sont les mêmes, soit qu'on les applique à des substances du genre neutre ou à des démons ; mais il va sans dire que ceux qui visent des êtres personnels présentent souvent, dans le détail de l'application, un aspect particulier.

L'exorcisme n'est pas nécessairement un acte d'hostilité : pour échapper aux embûches des démons, on peut aussi les amadouer par de bonnes paroles, leur adresser des hommages et leur faire des présents '. On les supplie de s'éloigner, d'avoir pitié des hommes :« Hommage à toi! nous t'apporterons hommages, oblations et service' ». On ne se fait pas faute de convenir que le démon use de son droit en s'atta quant à l'humanité, et l'on dit, par exemple, à l'esprit de maladie qui s'est emparé d'un enfant : « Il est vrai que les dieux t'ont accordé l'accomplissement d'un souhait à ton choix : est-ce donc précisément cet enfant que tu as choisi^?)) Il est assez souvent question de sacrifices aux démons^; et dans les sacrifices du culte ordinaire ils reçoivent toujours leur part, bien que sous forme de rebuts, baie de blé, sang, entrailles et excréments de la bête immolée^ Souvent aussi

1. Pour les détails, voir Grohniann. //*(/. Stud., IX, p. 413.

2. Cf. : A. V. I. 12 et 13, V. 7, VI. J3 et 20 ; Hiranyak. G. S. II. 7. 2; etc.

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