ÉVOCATION DES ESPRITS ET OPÉRATIONS SIMILAIRES
déchainé contre elle une bande de démons. Le sorcier du Rig-Véda envoie à l'armée ennemie le démon de maladre Apva (diarrhée?) : (( Va donc, Apva, trouble leur raison, empoigne leurs membres; rue-toi sur eux, brûle leurs cœurs de ton ardeur, fais quils tombent aux noires ténèbres. » A ces formules s'adjoignent des actes magiques, tels que les décrit un texte rituel : par exemple, on lâche contre les ennemis une brebis aux pattes blanches', qui est censée incarner la vertu morbide. Le sorcier et les esprits qui le servent peuvent aussi revêtir une forme animale pour mieux couvrir leurs attentats : la cro^'ance aux loups-garous est, semble t-il, de tous les pays, et l'Inde n'y fait pas exception; la victime d'un charme de ce genre supplie les dieux des orages de rechercher de par le village les magiciens qui la tourmentent, de saisir ceux « qui changés en oiseaux voltigent pendant la nuit- ».
Les substances actives qu'on veut faire passer en soi ou en autrui, se communiquent, on l'a vu, principalement par le contact\ qui d'ailleurs comporte nombre de variétés, suivant la nature du corps qui passe pour receler la vertu magique. (( Oins-toi de l'une de ces substances, fais de l'autre une amulette, lave-toi avec celle-ci, bois de celle-là », dit une stance énumérative'. C'est par contact aussi, mais immatériel en quelque sorte, qu'agit la constellation propice ou fatale avec laquelle la lune entre en conjonction, ou la lune elle-même ou la durée du jour, selon qu'elle croît ou décroit •" dans tous ces phénomènes git une vertu occulte qui se communique aux hommes, à leurs œuvres, à leurs entreprises.
L'efïïcacité du contact n'est nulle part mieux définie que dans un texte ritueP qui a su trouver l'expression de l'ini-
1. [Une flèche, selon M. Caland. — V. H.] — R. V. X, 103. 12, et Kauç. 14. 21; Kauç. 14. 22, et Ind. Stud., XVII, p. 269.