‹ La religion du VédaChapitre 316 sur 380 · Cf. supra p · texte numérisé non relu

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2. A. V. XIX. 47. 3 sq., et cf. VI. 25. — Sur la prédilection que montre en général la magie ijour ce genre de computation. voir : Ad. Kuhn, Kuhn's Zeitsc.hr., XIll, p. 128 sq.: Wuttke, Doutsch. VoWsn/ien/lauben, § 109 et 480.

3. A. V. VII. 13. 1, 96. 1 ; R. V. V. 78, 7. — On a vu plus haut (p. 410, n. 7) comment pareilles comparaisons ont pu à Toccasion se traduire en opérations liturgiques.

EXÉCRATION ET SERMENT Ml

dit, de par le mOme charme qu'on accomplit en cet instant, de par la même amulette que voici, les dieux ont remporté leurs succès divins; ni Tune ni Tautre n'a rien perdu de son antique vertu, qui va se manifester à nouveau.

Entre autres particularités des plus usuelles dans les conjurations magiques, on observera encore que, pour atteindre à coup sûr l'esprit malin, ou le siège du mal, ou enfin l'objet quelconque qu'il a en vue, le sorcier prend souvent le soin de passer en revue toutes les éventualités possibles : — des yeux et du nez, des oreilles et du cerveau, de la nuque, du dos, des bras, je chasse la maladie; — si tu appartiens à Sôma, je t'achète pour le roi Sônui ; si à Varuna, je t'achète pour le roi Varuiia ; si aux Vasus, je t'achète pour les Vasus'. — Que si, au contraire, on connaît l'être qu'on veut bannir, on ne manque pas de le lui faire entendre: ton nom est tel ; nous savons ta naissance ; ton père est un tel, ta mère une telle". Les objets dont on attend une action magique, on se plaità en décrire les qualités ou la provenance: on dira, par exemple, du tambour (A. V. V. 20. 1) qu'il est issu du roi de la forêt et tendu de vaches, c'est-à-dire fait de bois et recouvert de cuir ; et ce ne sont point là des figures de style, mais des constatations de fait qui doivent assurer au charme dont le tambour est l'instrument la collaboration de la vertu magique des vaches et des arbres.

Exécration et serinent. — L'exécration, y compris le serment, n'est qu'un cas spécial du concept de la puissance occulte de la parole. Les dieux maudissent en ces termes les arbres qui leur ont fait du tort : <( On vous abattra, comme d'un foudre, d'un manche issu de vous-mêmes. » C'est pourquoi l'on abat les arbres, comme d'un foudre, d'un manche issu d'eux-mêmes, car les dieux ont prononcé contre eux une

1. On sait que celte particularité caractérise les formules magiques recueillies dans les milieux les plus divers : Krauss, Volksfjlaub. der Sudslacen, p. 38 et 136: Ploss, das Kind, 2' éd., I, p. 141; etc.

2. Cf.: Weber, Omina und Portenta, p. 108; Ind. Stud., IV, p. 395.

exécration \ Agni maudit le poisson qui a trahi sa cachette au sein des eaux : on emploiera toute sorte d'artifices pour le tuer; « c'est pourquoi l'on emploie toute sorte d'artifices pour tuer le poisson, car il est maudit - )). Que 1 époque védique ait connu l'exécration solennelle dirigée contre un ennemi, c'est ce dont on se douterait sans peine, même si l'on n'en avait pour garants les textes nombreux qui parlent de conjurer l'exécration, de lui faire faire retourà son auteur. « Que la malédiction retourne au maudisseur ; avec la formule qui nous est amie nous broyons les yeux et les côtes de la formule hostile )) (A. V. II. 7.5): ici l'exécration semble prendre corps, revêtir une personnalité concrète, et flotter entre deux sorciers concurrents qui se la renvoient. D'autre part, la vertu nocive qu'elle recèle peut encore s'accroître par l'effet de charmes surérogatoires. « Celui dont l'épouse a un favori qu'il hait placera le feu sacré dans un vase d'argile ([ui n'ait pas cuit au feu et fera une jonchée de flèches de roseau orientées vers le sud ; puis il fera oblation, dans la direction du sud, de trois flèches enduites de beurre, en disant: En mon feu tu as fait oblation. je te ravis espoir et expectative, N. X. (ici son nom) ; en mon feu tu as fait oblation, je te ravis enfants et bestiaux, X. X. (ici son nom) ; en mon feu tu as fait oblation, je te ravis inspiration et expiration. X. X. (ici son nom). Dépouillé de sa force, dépouillé du mérite de ses bonnes œuvres, il sort de ce monde, celui qu'exècre ainsi un brahmane instruit de ce mystère '. »

1. Paiic. Br. VI. 5. 11. Il s'agit, bien entendu, du manclie de la cognée.

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