Y,ima ; cf. infra, p. 154 sq
2. C'est ainsi que je traduis le mot scadhâ, qui désigne ordinairement la nourriture offerte aux défunts. Je le considère comme identique à son homonyme scadkà « détermination personnelle », en ce sens que la liberté de mouvement, l'activité des âmes, que rien n'entrave, comparable au vol de l'aigle qui pour ravir le sôma traverse les airs ara/.rayâ scadhayâ (R. V. l'y. 26. 4), leur vient du banquet qu'on leur sert et s'y trouve incorporée. Çat. Br. II. 4. 2. 2, les Mânes vont trouver le Roi des êtres et lui demandent leur part de l'univers : il leur répond : a De mois en mois il vous viendra nourriture : la .^radhâ vous appartiendra ; la rapidité de la pensée vous appartiendra: la lune sera votre lumière. » Le transfert à ce sens technique du mot scadhâ a pu d'ailleurs trouver un adjuvant danS l'existence du quasi-homonyme scâ/iâ, invocation oblatoire adressée aux dieux.
3. Muir l'a bien montré, en rajiprochant la phraséologie de la st. 11 de ce morceau et cellede Taitt. Br. II. 4.6. 6; cf. Zimmer, Altind.
rière qui anime le paradis des héros Scandinaves. Ce ciel rêvé par les brahmanes n"est que jouissance oisive, où la sensualité se hausse à un paroxysme surnaturel.
Le roi de ce pays des bienheureux, c'est Yama, fils de Vivasvant'. qui, dit l'Atharva-Véda (XVIII. 3. 13), «futle premier des mortels qui mourut, le premier émigra dans l'autre 'monde )i. Il nous représente un type m^^thologique qui se retrouve dans les milieux les plus divers de l'humanité, celui ' du souverain des morts : type qu'on a, au rebours du bon sens, tenté de volatiliser en une entité naturaliste, soleil couché ou lune nouvelle -. Il faut très probablement faire remonter jusqu'à la période indo-éranienne le mythe du couple de jumeaux, Yama et Yamî, — dans l'Avesta Yima et Yimeh, — premiers-nés des hommes et leurs communs ancêtres. Le titre de « premier des mortels » donné à Yama, sa qualité de « jumeau » d'oi!i il tire son nom même, enfin l'hj-mne du Rig-Véda (X. 10) qui, en cherchant à le laver du crime d'inceste fraternel, atteste précisément qu'ill'a commis, tout milite en faveur de l'admission d'une semblable légende*''. Subsidiairement, le père de la race humaine devint, peut-être aussi dès l'époque indo-éranienne, un roi de l'âge d'or, de cet âge qui ne connut ni la vieillesse ni la
Lebev,p. 413. Non moins instructive est une description plus moderne de l'entrée au monde céleste: Kaushit. Upan. 1. 4.