‹ La religion du VédaChapitre 329 sur 380 · Le bûcher des obsèques : A. V. IV. 34. 2 et · texte numérisé non relu

Le bûcher des obsèques : A. V. IV. 34. 2 et

pieux [sukHcim idôha), de ceux qui « par l'ascétisme sont parvenus jusqu'au soleil », des héros qui ont bravé le trépas', des sacrifiants et des donateurs généreux : les méchants n'y pénètrent pas. « Là où siègent ceux qui ont fait le bien, où ils s'en sont allés, daignele dieuSavitar t'introduire! ))(X.17.4), dit-on au défunt. Du moment que l'idée de la continuation de la vie après la mort avait abouti à celle de récompenses suprè-mes réservées à la vertu, il semble que l'idée du châtiment futur des crimes ou des péchés s'en dût déduire logiquement, et que lamème inspiration qui ouvrait aux bons et aux dévots les cimes lumineuses du ciel disposât aussi d'abîmes profonds et sombres où allassent s'engloutir les ennemis et les méchants. La conséquence est, en effet, presque inéluctable. Pour ne parler ici que d'un peuple apparenté aux Hindous, rappelons-nous le luxe de détails symétriques que l'Avesta consacre à dépeindre le sort des bons et des méchants, le voyage qu'ils font, les uns vers la splendeur céleste, les autres dans les ténèbres infernales : on aura beau, pour expliquer chacune de ces particularités, invoquer l'incontestable prédilection de la théologie avestique pour ces descriptions systématiques et contrastées des deux moitiés opposées qui constituent l'univers ; il restera toujours que l'ensemble est le produit nécessaire de la logique inhérente à l'esprit humain, et, à ce titre, peut même fort bien, quoique on n'en ait pas de preuve décisive, remonter jusqu'à la période de la communauté aryenne. On a pourtant essayé d'écarter de la primitive croyance védique les idées d'enfer et de punition après la mort : on a écrit que, dans l'esprit de cette croyance, l'immortalité est un libre don du ciel, et que, faute de l'obtenir, l'homme meurt tout entier quand son corps se dissout - ; il me paraît, à moi, que c'est fort mal l'entendre. Ce n'est pas Yama ni tel autre dieu qui donne à un mourant la vie future; et comment lui donnerait-il ce qui déjà, de par une tradition immémoriale, héritée de la

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