La même expression pour les abîmes sans fond de la mer
104. 3). — « Qu'il demeure au dessous de toutes les trois terres,... celui qui nuit et jour ourdit contre nous la perfidie » (VII. 104. 11). — La sorcière « qui vient la nuit comme une chouette, voilant de ruse son corps, puisset-elle être précipitée au fond de la prison infinie' » (VII. 104. 17). — Voilà des expressions beaucoup trop concrètes pour qu'on les entende au sens d'un simple anéantissement. Qu'on joigne à la dernière de ces citations la stance (A. V. 11.14. 3) qui bannit « dans la maison d'en bas » toutes les sorcières. Evidemment l'on se représentait quelque gouffre d'où les exilés cherchaient à émerger à la lumière, d'où ils auraient émergé si de solides verrous et l'éternelle colère des dieux ne les y tenaient emprisonnés. Mentionnons encore ce passage (R. V. IV. 5. 5) : (( Celles qui vaguent comme des filles qui n'ont pas de frère-, qui mènent une vie déréglée comme des femmes qui trompent leur époux, qui sont méchantes, fausseset sans foi, elles se sont créé cette place profonde. » Ces mots « place profonde » (padain gabhlrain) impliquent bien, semble-t-il, à les interpréter sans prévention, un séjour permanent, quelque chose comme une proscription éternelle.
Moins probants sont les textes où nous lisons que les pécheurs ou ceux que poursuit le malheur ou la vengeance divine sont précipités dans la ((fosse» 'karta)\ car rien ici n'indique autre chose que la vague menace d'une fin tragique. — ((Protégez-nous, ô dieux', pour que le loup ne nous dévore pas* ; protégez-nous, que nous ne tombions pas dans
1. Le même mot qu'à l'avant-dernière note. Encore qu'on se représente une prison d'une étendue infinie, elle n'en est pas moins une prison, puisqu'elle est absolument séparée du monde des vivants.
2. C'est ainsi, et à bon droit, que traduit M. Pischel, Vecl. StucL, I, p. 299.