AVilken, lor. cit., p. 260 sq
Cette scission nous étonnera-t-elle ? Tous deux ne sont, bien évidemment, que l'expression d'une seule et même idée, celle de l'entrée du défunt dans le repos final et éternel ; mais telle circonstance particulière, et notamment la fixation à un an de la durée du sacrifice mortuaire individuel, a pu aisément obscurcir la notion du rapport qui les unissait à Torigine.
On a vu que le nom spécifique du mort qui n'est pas encore entré dans la communion des pères, prêta, signifie aussi « revenant, fantôme ». C'est que le mort qui hante les vivants séjourne parmi eux à Tétat d'ombre errante : les vraies obsèques seules lui assureront le repos'. On n'en conclura pas, bien entendu, que toutes les superstitions relatives aux revenants relèvent du défaut d'accomplissement ou du retard apporté à l'accomplissement des funérailles- : elles ont pu prendre naissance en dehors de toute relation avec ce rite ; elles ont pu aussi rompre le lien qui les y rattachait, surtout à la faveur du développement de l'idée des fins expiatoires de l'homme, l'état de revenant passant pour la conséquence, non du défaut d'honneurs mortuaires, mais de quelque péché dont il impliquait le châtiment. Quoi qu'il en soit, le moment est venu d'esquisser les principaux traits de la croyance hindoue aux revenants.
On s'attend bien à ce que le Rig-Véda n'ait que peu de ■chose à nous en apprendre. Toutefois il ne laisse ]Das de faire une allusion aux pères « qui habitent l'atmosphère terrestre ou les demeures bien encloses ' « et qui, par conséquent, sem-
1. Dans un conte moderne, un méchant chasseur est tué par un tigre, et son fantôme tourmente les vivants, jusqu'au jour où une corneille traîne au Gange ses ossements; alors il entre dans la béatitude céleste : Garada-Purâna, cité Williams, Bràhmanism and Hindrdsm, 'i' éd., p. 301.
2. A telle enseigne que, si la crémation est la condition normale de l'ascension au ciel, les défunts qui ne l'ont jias subie ne sont point pour cela exclus de ce séjour : infra p. 487.
3. R. V. X. 15. 2, et cf. A. V. XVIII. 3. 9 = Taitt. Âr. VI. 4. 2, où l'on dit au défunt : « Où il te plaît d'aller sur terre, vas-y. » Sur la résidence « dans l'atmosphère terrestre », cf. Ait. Br. VII. 5. 3.