‹ La religion du VédaChapitre 347 sur 380 · Notamment dans le recueil de contes intitulé Pêtacattliu · texte numérisé non relu

Notamment dans le recueil de contes intitulé Pêtacattliu

Les ombres errantes qui expient leurs péchés terrestres y servent d'avertissement aux vivants et d'encouragement à la libéralité envers les religieux ; car on peut adoucir leurs souffrances, en faisant à ceux-ci des dons pieux à l'intention des défunts. Ce détail tendancieux mis à part, les documents bouddhiques paraissent en principe de nature à ne pas nous faire trop regretter ceux que Tépoque védique ne nous -a point légués sur la croyance aux revenants ; car rien n'indique qu'elle se soit beaucoup modifiée d'une époque à l'autre. Il ne sera pas contraire à une saine méthode de demander au bouddhisme comment il se représente ces êtres semi-surnaturels. Qu'au surplus il les prenne parfaitement au sérieux, c'est ce dont on ne saurait douter : les récits qu'il en fait sont tout autre chose que simple poésie ou conte édifiant. Qu'on en juge par un seul trait : les règles monastiques examinent, par exemple, à propos de l'œuvre de chair, le cas où un moine aurait eu commerce avec une femme-fantôme ; à propos du vol, le cas où un moine se serait approprié des objets appartenant à un revenant, et elles décident que ces objets, ainsi que ceux qui appartiennent à un animal, sont des biens sans maître' ; le tout sur le ton posé d'une réglementation ordinaire et commune.

Les spectres hantent surtout les solitudes : c'est là que le voyageur les rencontre, là qu'ils vont troubler les moines dans leur retraite silencieuse. Le roi de Surâshtra, quittant la capitale des Mauryas pour regagner son pays, arrive, vers le milieu du jour, à un sentier qui finit en fondrière; il y règne une odeur repoussante, on y entend des bruits sinistres- ; le roi s'aperçoit que ses pas l'ont conduit auprès des gens du royaume de Yama ; au pied d'un magnifique arbre nijagrôdha, un homme, beau et majestueux comme un dieu, superbement paré, l'arrête, se donne à lui pour un revenant [prêta), etlui raconte la mauvaise vie qu'il amenée^

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