Dans la section ultérieure consacrée à Indra
ZOOI.ÀTRIF. 57
L'analogie tics faifs constatés par les ctliuo-rapljcs nous a déjà amenés' à admettre une forte immixtion d'éléments empruntés au règne animal parmi les dieux et les démons de la [)ériode [primitive. Souvent le dieu est ou se change en bcte, ou flotte entre les deux formes humaine et animale; car, précisément, c"est un trait caractéristiiiue de l'état de nature, que l'absence d'une distiurtidu ferme entre les animaux et les hommes.
Xos ancêtres indo européens, avons-nous dit, s'étaient déjà haussés, pour leurs dieux supérieurs, au stade de l'anthropomorphisme ; mais le zoomorphisme, à l'état de survivance, se signale encore par une irruption constante dans le panthéon védique. Négligeons les cas où l'animal apparaît comme messager ou représentant symbolique d'un dieu. Fort souvent, d'abord, l'Hindou védique voit dans la bête elle-même le support, — ipso jure, si je puis dire, — de quelque entité démoniaque : tel, le serpent, type de la puissance nocive dont il est difficile de conjurer les atteintes ; telle, la vache, type de l'abondance que poursuivent tous les vieux ; bien plus, certains individus, (jue distinguent des qualités exceptionnelles, seront jugés dignes d'honneurs divins.
Le culte des serpents est hors de pair-. Au début et à la fin de la saison des pluies, la plus dangereuse pour la mor sure des reptiles, on fête, on invoque les serpents et leurs rois, on leur apporte des oblations. On leur donne de l'eau pour s'y baigner, un peigne, du fard, des fleurs, du collyre, une tresse de fils pour se vêtir et se parer; on se voue à eux, soi et les siens. «Salut aux troupes célestes des serpents!» dit une prière. On invoque ceux du ciel et ceux de l'atmosphère, ceux des points cardinaux et ceux de la terre. Il n'est pas excessif de dire que les serpents ont revêtu un caractère démoniaque et surnaturel, puisque l'imagination débordante