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A. V. XVIIl. 2. 28: Kauç. S

3. Lorsqu'on enfouit quelque accessoire de magie dans un cimetière, pour diriger un charme contre un ennemi (A. V. V. 31. 8, X. 1. 18), il se peut également que ce soit un moyen d'inciter contre lui les âmes défuntes qui y résident. Il est vrai, toutefois, que les cimetières sont en même temps les rendez-vous de tous les plus affreux démons. — De magie s'exerçant au moyen des cadavres (cf. p. ex. Monier Williams, Brcihmanifiin and Hindûisin, 3' éd., p. 254), je ne vois presque pas trace dans la vieille littérature. Mais on y peut rattacher de loin la pratique qui consiste, pour retenir une épouse ou une esclave sujette à des fugues, à lui faire manger des grains qui ont été répandus en oblation mortuaire : Kauç. S. 89. 10. Voir aussi le Jàtaka, vol. I, p. 456. Il va de soi, enfin, que la magie funéraire n'est pas étrangère au culte dont les bouddhistes entourent les reliques de leurs maîtres et de leurs saints.

4. Baudhây. cité Ludwig, E. V., V, p. 421; Caland, A/tnencult, p. 32. Telle est sans doute la raison qui a fait considérer lavortement comme un crime des plus graves: il donne le jour à un être dune malice exceptionnellement redoutable.

5. Cf. supra p. 477. — Mais le R,akslias laisse encore assez bien en-

Les Funérailles.

Mainte occasion, jusqu'ici, s'est offerte de mentionner çà et là, en le commentant, un rite détaché de l'ensemble des funérailles védiques. C'est l'ensemble même, à présent, qu'il sied d'embrasser du regard.

L'incinération est la règle, mais nullement la règle absolue: la littérature classique dépeint les cimetières regorgeant de cadavres abandonnés et en décomposition ; les codes prescrivent d'enterrer ou de jeter les corps des petits enfants, de « les laisser gisants dans la forêt comme une pièce de bois ))' ; l'épopée enseigne qu'(( on brûle le mort, ou qu'on l'enterre, ou qu'on l'expose »- ; et toutes ces formes funéraires étaient certainement connues des temps védiques. Le Rig- Véda parle des morts (( qui ont été brtîlés par le feu » et de ceux « qui n'ont pas été brûlés par le feu » (X. 15. 14) : ce n'est pas de petites gens qu'il s'agit, ni d'étrangers à la race aryenne, mais bien des pieux ancêtres qui jouissent des délices célestes. Plus explicite encore est l'invocation que l'Atharva-Véda (XVI IL 2. 34) adresse à Agni : « Ceux qui furent inhumés et ceux qui furent jetés à l'écart, ceux qui furent incinérés et ceux qui furent exposés, amène-les tous, ô Agni, pour qu'ils mangent les mets offerts. » On peut toutefois se demander ce qu'il faut entendre par les « exposés » (uddhitâs). Ce mot assez rare revient dans une prescription de casuistique : il est interdit d'immoler une vache pleine;.

trevoir l'àme défunte sous-jacente, dans des récits tels que celui de la mort de Namuci, tué par Indra au mépris de la foi jurée. De sa tête tranchée naquit un R,akshas, qui se mit à poursuivre le meurtrier, en lui disant : « Où penses-tu aller ? où espères-tu être quitte de moi? » Çat. Br. V. 4. 1. 9, et cf. Taitt. Br. I. 7. 1. 7-8, Maitr. Samh. IV. 3. 4. Visiblement, c'est, dans la conception première, l'àme de la victime sous les espèces d'un spectre vengeur.

1. Yâjnacalkya, III, 1; Lois de Manu, V,68sq. ; et cf. Parask. Ilk 10. 5.

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