‹ La religion du VédaChapitre 361 sur 380 · Cf. infra p · texte numérisé non relu

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de la composition donnent l'aspect d"un tout indissoluble, — est certainement un rituel d'incinération; et à ce rituel il ne manquerait que les forqiules destinées à accompagner le dépôt des ossements, si précisément les phrases ci-dessus ne venaient à point combler la lacune'.

Des diverses formes funéraires nous ne retiendrons donc, comme la seule connue en détail, que Tincinération, et nous en suivrons d'un bout à l'autre les phases principales-.

On taille au mort les cheveux, la barbe et les ongles ; on l'oint, on lui met une guirlande, on lui passe un vêtement neuf. Il est probable que le corps encore gisant dans la maison mortuaire est environné, comme il le sera au bûcher, du groupe des pleureuses funèbres, à la chevelure défaite ou en désordre, qui hurlent leur vocero en dansant et se frappant les seins et les cuisses '.• On le transporte ensuite, à bras ou sur un chariot, jusqu'à l'emplacement de crémation; ses parents, les cheveux défaits, lui font cortège; une branche d'arbre fixée au corps efface les traces, afin que la mort ne puisse retrouver le chemin qui la ramènerait parmi les vivants '. Peut-être est-ce à cette phase de la cérémonie que

1. Cette interprétation de R. V. X. IS vaut naturellement aussi pour A. V. XVIII. 2. 50-52, et tous passages similaires.

2. Outre les stances afférentes du R. V. et de l'A. V., j'utilise dans cet aperçu les sources suivantes; Çat. Br. XII. 5. 2, XIII. 8; Taitt. Arany. VI (le commentaire contient une documentation extraite de Bharadvàja et de Baudhâyana); Àçval. Çr. S. VI. 10, G. S. IV. 1 sq ; Çàùkh. Çr. S. IV. 14 sq. ; Kâty. XXI. 3. 4, XXV. 7; Pârask. III. 10; Kauç. S. 80 sq. Je cherche à donner des traits essentiels une vue synthétique , mais il n'a pu entrer dans mon plan de discuter ou même de mentionner les innoml)rables divergences.

3. .Sur ces pleureuses, voirBloomfield, Amer. Journ. of P/iilology, XI, p. 336 sqq. La littérature moderne en donne de très amples descriptions : Cullarn;if/a, XI, 1, 10; Mahâparinilibâna-Sutta. p. 64 Childers ; Mahâhapijàtaka =^ iAi&ka, vol. III, p. 374; Stricilâpaparcan = Mahâbhâr., XI; Ràmâyana, éd. Bombay, II, 76, 20 sq. ; etc.

4. De même, chez certaine tribu de l'Archipel Indien, on ne rentre d'un enterrement qu'après avoir effacé avec le plus grand soin les traces de ses pas: Rcr. colon, internat., III, p. 232. Les coutumes de ce genre sont attestées en cent lieux.

répondent les stances par lesquelles le Kig-Véda prend congé du défunt ^

(( Pars, va-fen, par les anciens chemins par où sont partis nos vieux pères. Tu verras les deux rois qui font leurs délices du banquet des âmes, Yama, et le dieu Varuna.

(( Unis-toi aux pères, à Yama, au mérite de tes sacrifices et de tes bonnes œuvres, dans le ciel suprême. Laisse derrière toi toute infirmité, retourne en ta demeure- ; environné d'éclat, unis-toi à ton corps . »

On bannit les démons des voies que doit suivre le mort.

« Allez-vous-en, disparaissez, glissez-vous hors d'ici: c'est pour lui que les pères ont apprêté cet emplacement. Yama lui donne le lieu de repos qu'éclaire la parare des eaux, des jours et des nuits. »

Et l'on revient au défunt.

« Prends le bon chemin, pour échapper aux enfants de Saramâ, aux deux chiens mouchetés, à quatre yeux'', et arrive auprès des pères, riches de leurs libéralités, qui goûtent les délices en compagnie de Yama.

«A tes deux, chiens de garde, ô Yama, dont les quatre

1. X. 14. 7-12; et, sur leur emploi dans cette phase de la cérémonie, Kauç. S. 80. o5. Le texte des stances semble assez bien répondre à la situation : d'une part, on n'y nomme point Agni comme guide du voyage, ce qui paraît indiquer qu'on n'en est point encore venu au moment de la crémation du cadavre (cf. pourtant Àçv. G. S. IV. 4. 6); de l'autre, la st. 7 implique probablement qu'on fait faire du chemin au mort, chemin symbolique qui influe par magie sur son voyage par les chemins de l'autre monde. L'emplacement mentionné st. 9 serait celui de crémation, d'après Kauç. S. 80. 42, Àçv. G. S. IV. 2. 10, Çânkh. IV. 14. 7; mais Taitt. Âr. VI. 6. 1 y voit la place où l'on déposera les ossements : et cette interprétation serait plus plausible, si les stances du R. V. relatives au dépôt des ossements ne se lisaient dans un tout autre contexte (X. 18. 10 sq.).

2. Ces mots sont-ils, comme on le croit, l'effusion sentimentale et mystique d'une âme qui voit dans la mort le retour à sa vraie patrie? Peut-être signifient-ils tout simplement: « Monte au ciel et t'y afïranchis de toute infirmité; ensuite, rentre dans ton corps, qui est de droit ta demeure. »

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