Cf. supra, p. 416. n
6. Sur la vertu conjuratoire de la moutarde, cf. supra p. 419.
d'orge'. On emporte, par une autre issue que la porte-, le feu sacré du défunt, et on va le déposer en un endroit désert \
Les jours suivants sont pour les survivants une période d'impureté : ils désertent leurs lits et couchent sur la dure ; ils observent la continence; il ne cuisent rien et ne vivent que de ce qu'ils achètent ou de ce qu'on leur donne '■. Ce grand deuil est plus ou moins long, suivant le degré de parenté avec le mort : les textes en connaissent un de trois jours et un de dix jours ; (( ou bien les observances durent jusqu'au jour où on recueille les ossements », dit une autre autorité % qui paraît bien reproduire la vraie tradition. Rien n'est plus naturel, en effet, que de faire dépendre la période de deuil de l'accomplissement des rites obligatoires envers les restes et, par conséquent, la personne même du défunt.
Le troisième jour après l'incinération % on recueille les ossements. Préalablement, on procède à certains rites qui interviennent encore en d'autres circonstances à l'effet de symboliser l'extinction du feu, la substitution du règne de la fraîcheur à celui de l'ardeur. On apporte diverses plantes
1. Ici, c'est le nom qui est eu cause, à la faveur du jeii de mots fréquent qui se lit p. ex. Kauç. 81. 17: « Tu es orge [yaca) : écarte {yacaya) loin de nous la haine; écarte l'inimitié. »
2. Pratique bien connue et largement répandue contre les esprits malfaisants : il s'agit de les empêcher de reconnaître la porte par laquelle ils pourraient rentrer.
3. Peut-être le dépôt du feu sacré ne vient-il qu'après celui des ossements: Kâty. XXI. 4. 128, et cf. Kauç. 86. 18. On peut invoquer en faveur de cet ordre la place qu'occupent les stances X. 16. 9 sqq. au R. V. ; mais ce n'est pas une raison suffisante. Voir pour plus de détail Kâty. loc. cit. et Kauç. S. 69 sq. (A. V. XII. ii) ; Âçv. G. S. IV. 6 concorde sur bien des points. Les stances du R. V. sont obscures et donnent fort à faire aux exégètes ; mais en tout cas elles ne signifient pas, — ce qu'à vrai dire elles j)araîtraient signifier au premier abord, cf. Bergaigne, I. p. 78, — que l'on conserve le feu du bûcher et qu'il sert ultérieurement au sacrifice mortuaire.
4. Sur la raison d'être de ces observances, cf. infra p. 503 sq.