‹ La religion du VédaChapitre 371 sur 380 · Cf. supra, p. 294, n · texte numérisé non relu

Cf. supra, p. 294, n

Les morts incinérés ne sont pas les seuls qui habitent le ciel : (( ceux que le feu a brûlés, et ceux que le feu n'a pas brûlés, au milieu du ciel, font leurs délices du festin des âmes' )). Mais il n'en demeure pas moins que l'idée de la vie céleste est en relation toute spéciale et souvent exprimée avec celle du rite de crémation. La voie normale du trajet de l'âme au ciel est celle qui prend Agni pour guide. Cette considération, appuyée de motifs accessoires, tels que la prédilection affichée par les théologiens du Véda pour Agni et les rites auxquels il préside-, fut certainement la cause déterminante de la préférence assurée à la crémation sur tous autres modes de funérailles.

Que consume-t-il? ou plutôt, pour entrer dans l'esprit de la fiction védique, qui écarte l'idée de combustion, qu'est-ce qu'il cuit et apprête, ce feu du bûcher ? L'homme tout entier, semble-t-il, corps et âme réunis : « ne le brûle pas, ô Agni )), dit le Rig-Véda (X. 16. 1), (( ne l'endommage point par ta flamme, n'atteins ni sa peau ni ses os ; quand tu l'auras cuit à point, ô dieu Jâtavédas, envoie-le parmi les pères ». Voilà donc le mort parti, corps et âine, pour le pays des ombres; et, dans une autre phase de la cérémonie, lors de la déposition des ossemicnts, nous voyons ce même mort à qui l'on fait son lit dans le sein de la terre, qu'on prie de ne le point oppresser : elle est désormais sa maison, son lieu de refuge, où Yama doit lui apprêter un siège permanent'. Qu'on ne s'étonne pas de cet incessant flottement de la pen-

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