R. V. X. 15. 14 ; et cf. Bergaigne, Ed. VécL, I, p
2. De fait, — et Bergaigne (I, p. 81) Ta très bien fait ressortir, — il y a une certaine analogie entre le sacrifice et la crémation : avec quelque hardiesse le poète védique était parfaitement autorisé à dire que le mort est o offert en oblation [âhutah] à Agni », X. 16. 5. Mais il n'en demeure pas moins que techniquement la liturgie du sacrifice et celle de la crémation diffèrent du tout au tout : celle-ci excluait les ornements poétiques et liturgiques inséparables de cellelà, ce qui naturellement ne veut pas dire que certaines opérations de sacrifice n'y pussent être englobées.
3. Cf. supra p. 496. — Il semble légitime d'attribuer à la croyance de l'Inde antique qui identifie absolument le mort à ses ossements la même intensité concrète et pour nous presque inconcevable qu'elle
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sée : si le concept de la vie continuée dans les hauteurs célestes fait ici défaut, c'est qu'une stratification mentale plus ancienne émerge et le recouvre. Quoi de plus naturel que ces changements à vue? En quelque direction que se meuve la pratique rituelle, puisque c'est au mort toujours qu'elle s'applique, comment n'y sentirait-on pas sa personnalité toujours présente?
On ne le laisse point partir nu et sans viatique. Si l'on vêt et pare le cadavre, ce n'est point là un simple témoignage de vague piété : évidemment, l'on admet qu'il emporte dans sa nouvelle demeure ce qu'on lui a donné, et cette croyance apparaît encore vivante dans les stances des "Védas. « Ce vêtement, le dieu Savitar te le donne à porter : ainsi vêtu, por tant le pagne de lin\ entre au royaume de Yama. » La cou tume primitive et presque universelle de munir le mort de quelques-uns des objets qui lui ont appartenu, a survécu dans le rite qui livre au bûcher les ustensiles qui ont servi à ses sacrifices : pourquoi ceux-ci plutôt que tous autres meubles, c'est sans doute à cause du caractère de sainteté particulière qui les rend redoutables aux survivants. Allons plus loin : le rite même qui consiste à reprendre dans la main du mort son arc et son or- paraît attester que jadis on les lui laissait pour le suprême voyage : plus tard, le droit des vivants l'emporta sur le sien, et l'on imagina une cérémonie spéciale en vue de l'en déposséder. Et nous en dirons autant de sa veuve : que, dans le rituel védique, elle ne doive point se livrer au bûcher, c'est l'évidence même : mais enfin elle y monte, et il faut un rite ad hoc pour la ramener au monde de la vie. Dernier souvenir d'une coutume antique et barbare, que les temps modernes ont restaurée, ou que peut-être l'autorité du Véda n'avait jamais réussi à faire abolir'.
revêt dans l'Inde contemporaine et que Mon. Williams a illustrée d"un exemple caractéristique : Brâhmanism and Hindûifin, 3* éd., p. 301.