‹ La religion du VédaChapitre 373 sur 380 · Cf. supra p. 491 et n · texte numérisé non relu

Cf. supra p. 491 et n

3. C'est ce que Tylor déjà avait très bien vu: CiciUsation primi-

Q)uant au bouc ou à la vache qu'on brûle avec le cadavre, il n'est pas probable que ce soit à titre de pièce de bétail à emmener dans l'autre monde. On Ten recouvre, avons-nous dit, membre à membre : cette particularité doit viser une sorte de substitution : les puissances ennemies guettent le mort ; en son lieu et place on leur offre l'animal, et le mort «st sauvé,. C'est bien ainsi que l'entend le Rig-Véda luiméme% à cela près toutefois que l'action dévorante du feu y est seule en cause. Cette interprétation, il est vrai, n'en exclut pas d'autres : de par le bouc — mais quel rapport entre ces idées ? — les Maruts procureront au mort la fraîcheur'; ou bien, — trait de folklore ancien et authentique peut être, — le mort va passer, guidé par Pûshan, par des chemins hantés de chèvres, ardus sentiers de montagne, inaccessibles' sans doute à tout autre animal qu'à celui du dieu psychopompe qui règne sur les chemins-^

Tous les rites ci-dessus s'ax)pliquent au voyage du défunt et à sa destinée dans l'autre monde. A leur suite, un système complet de mesures purificatoires et défensives n'a au contraire d'autre objet que la sécurité des survivants : effacer les traces des pas; planter la borne; user de l'eau à deux fins, comme ablution et comme rempart, etc. La place énorme que tiennent ces pratiques atteste irréfragablement l'importance considérable que leur assignait la théorie du service des funérailles. Il est superflu de les interpréter en détail; mais il convient d'insister quelque peu sur les observances liées au deuil et fondées sur l'a impureté» des survivants, obliga-

tke, trad. Barbier, I, p. 541;cf. aussi Bergaigne, I, p. 78, n. 1. — A. V. XVIII. 3. 1 (cf. Taitt. Ar. VI. 1. 3) nous lisons : « Cette femme, choisissant pour elle le monde de son mari, se couche, ô mortel, auprès de toi le mort, gardant [ainsi] la coutume antique : accordelui postérité et richesse. » Cette insistance à démontrer au mort que la coutume antique est satisfaite, n'éveille-t-elle pas le soupçon que jadis elle exigeait davantage et qu'on en avait encore parfaitement conscience ?

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