Vâjasan. Sanih
6. Surnom d" Agni: « Agni dénommé en tant que poil de bouc», dit le commentaire.
ZOOLÀTRIE 67
n'atteigne point le? créatures'. » Le sens de ces divers rites est assez clair: il s'agit de faire étroitement participer à l'acte toutes les incorporations matérielles d'Agni et, pour couronner rd'uvre. d'insérer dans le vase de terre une portion de la substance divine. Les théologiens des Brâhmanas ne s'y sont pas trompés, à en juger par les réflexions dont ils émaillent l'exposé de la cérémonie : « le cheval est la même chose v'iu'Agni »; « le Ijoucestdcla nature d'Agni ; ainsi, il l'unit à son propre être, à sa propre ilivinité-. » Seul le caractère de l'àne demeure obscur: encore que les formules ne lui assignent que lernle d'une simple béte de somme, on ne laisse pas d'y soupçonner (juchpie arrière sens magique, soit un charme en vue de la génération; car les textes, par ailleurs, connaissent bien le baudet au rut fougueux.
Dans une phase subséquente du rituel de la construction, on voit encore figurer un cheval', toujours, semble-t-il, en vertu du même symbolisme. Après (lu'on a déblayé l'emplacement choisi pour l'autel d'Agni. et au moment d'y apporter les bri(|ues, on amène devant elles un cheval blanc '■. On invite le hôtar à « réciter pour les feux qu'on met en marche » ; mais (( les feux », ici, ce sont les briques cuites, pénétrées de l'essence d'Agni. Le cheval, comme plus haut, conduit la procession qui charrie les matériaux jusqu'à l'emplacement; on le promène en divers sens sur cette piste, puis on lui fait flairer les briques, et on le chasse. Donner au cheval-Agni mainmise sur le sol et les matériaux, manifester par là et affirmer le droit de propriété d'Agni sur son sanctuaire, tel me parait être le sens de la cérémonie.
L'identité d'Agni et du bouc a inspiré une bien curieuse prescription rituelle: si le feu ne prend pas à la friction, il est permis d'y suppléer en faisant oblation dans l'oreille droite d'une chèvre. auc[uel cas on devra s'abstenir de viande de chèvre; ou bien sur un ga/on de kuça. et alors il est interdit