Indliicha Studien, XIII, p
■i. Cat.Br. VII. :î. 2. 10 et IG : Kafv. XVII. 3. 20.
de s'asseoir sur du kuça. « La chèvre, en vérité, expli(|ue un Brâhmana', est de la nature d'Agni : ainsi Toblation au feu se trouve offerte pour Agni dans rAgni-chèvre. »
J'attribuerais au cheval une signification différente dans une des variantes du sacrifice de sôma-, celle où l'exécution du morceau de chant qui caractérise cet office coïncide avec le coucher du soleil: il y a une école qui prescrit de placer auprès des chantres un clieval, blanc ou brun-rouge selon les uns, noir selon les autres. Ceux ci, en chantant, tiennent en main un lingot d'or, ((ui symbolise évidemment le soleil. Le cheval aussi, sans doute, représente le soleiT'; le cheval noir, par allusion au soleil qui s'éteint.
Un type fort net d'incarnation d'un dieu en un animal se dessine dans le « bœuf à la broche )), oblation spéciale à Rudra''. Auprès du feu du sacrifice on érige deux huttes : l'une pour un taureau, l'autre pour la « Dispensatrice des grâces » ; au milieu, on amène le « Viciorieux ». Les commentaires nous apprennent que la première est l'épouse, le second, (( le fils » du taureau adulte. On donne à boire aux trois bètes ; puis on leur fait toucher les aliments apprêtés, dont on fait ensuite oblation au dieu Rudra, à son épouse et au « Victorieux ».
On remarquera que les animaux-fétiches sont tous des animaux domestiques. Nous en avons à peu près épuisé la liste, et au surplus leur rôle aux temps védiques est sans importance. Disons plutôt qu'il a cessé d'en avoir. L'épuration progressive de l'idée religieuse devait tendre à éli-
1 Katy. XX\'. -1. 4 sqq. emploie le masculin «/'« «bouc», évidemment sans égard au sexe de l'animal : Taittir. Br. III. 7. 3. 1-2 emploie le féminin.
2. Dans le shôdayin : Taitt. Sanih. VI. 6. 11. 6; Apast. XIV. 3. l.sq. : Kàty. XII. 6. 1: Paùcavimça-Br. XII. 13. 26: Làty. III. 1. 4.
3. Cest ainsi, par exemple, ([u'il esl dit de l'aurore (R. V. VII. 77. 3) quelle amène le cheval blanc : ce ne peut être que le soleil. Le cheval du sacrifice est a créé par les dieux et par le soleil « (R. V. I. 163. 2\. Cf. aussi Aitarëya lir. VI. 35, etc., et les pa.ssages de Bràhmanas colligés par Weber, Ind. Stud., XIII, p. 247, n. 3.
4. Ce rite n'apparaitque tardivement, dans quelques textes du rituel domestique : Hiran. Gr. S. II. 8 ; Ap.. Gr. 8. VII. 20.
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inincr ces concepts primitifs : désormais, les grands dieux habitaient les hauteurs du ciel ; ils avaient pris figure d'iiommes. de héros, de rois ; alors qu'iuA isibles ils venaient à l'oblation, on ne prétendait plus les contraindre par magie, mais gagner leur bon vouloir par dons et prières. Comment aurait-on concilié ces données nouvelles avec un panthéon monstrueux ?Mais, qu'il en ait survécu quelques exemplaires, ([u'on en ait même peut-être créé à l'image des anciens types, rien de moins surprenant. Distinguons toutefois. La conception védique, qui révère, par exemple, dans le feu ou la plante la pleine majesté du dieu Agni ou du dieu Sôma, ne parait pas s'être étendue au taureau ou au clieval; car, autrement, nous verrions rendre à ces animaux des honneurs bien plus significatifs. L'idée dominante est celle d'une certaine communauté de substance entre le dieu et l'animal ; il s'établit entre eux un rapport pareil à celui que nous révélera le culte magique tel que le pratique le Véda.
Je m'explique. Quand le sorcier veut faire agir ou souffrir une personne ou une chose sur laquelle il n'a point de prise directe, il prend une image de cette personne ou de cette chose, une substance qui offre avec elle quelque ressemblance ou qui en provient, et c'est à celle-ci qu'il impose l'action ou inflige le traitement qu'il a en vue : si, par exemple, il veut commander au soleil, il opérera sur une pièce d'or, un tison ou une roue'. L'animal paraît être un substitut de pareille espèce : le charme a prise sur lui et, de par son intime connexion avec le dieu, sur le dieu par son intermédiaire ; en un mot, l'animal n'est pas l'objet d'un culte constant, mais momentanément une sorte d'ustensile de culte approprié. Dernier vestige d'une confusion primitive et grossière de la bête et du dieu, telle qu'on la peut restituer dans le passé, et telle sans doute qu'elle s'accuserait dans
1. Cf. infra ]). 73. Ces cas, où la roue ou tel autre accessoire joue (>xactenient le même rôle que plus haut le cheval et le taureau, auraient déjà trouvé place dans notre e>;po«|é, si le titre de ce paragraphe ne le restreignait aux rapports des «ieux avec les animaux.
1 état actuel, si le milieu de l'iiulo lui eût été aussi favorable que celui de l'ancienne Egypte; mais, faute darts plastiques, faute aussi de centres officiels de culte, l'Inde ne connut ni les idoles zoomorphiques, ni les temples consacrés à l'élève d'animaux sacrés'.
A la faune mythique il faut rattacher encore l'étroite affinité que la croyance indienne établit entre le règne animal et la nature humaine : l'antique superstition qui les identifiait s'en est allée en lambeaux ; mais elle se traduit encore sous forme de loups-garous. Il y a les (( hommes-tigres- » : il y a les Nàgas ', qui ont toutes les apparences de l'homme ; mais, en réalité, ce sont des serpents, et leur vraie nature, enseigne un texte de vieux bouddhisme', se dévoile aux yeux en deux occurrences seulement, dans l'union des sexes et dans le sommeiP. Hien ne serait plus intéressant que de colliger les faits qui pourraient militer en faveur d'un ancien totémisme hindou ; car notre domaine, non plus que d'autres.
1. Il est h peine besoin de l'aire observer que, outre cette relation constante d'un dieu avec un animal par affinité dénature, la croyance védique connaît aussi des métamorphoses temporaires de dieux ou similaires, soit en animaux, soit en hommes, au cours de diverses aventures : cf. supra p. 63, Indra et l'aigle. Puisque ce pouvoir de transformation est attribué au .sorcier humain, il appartient nécessairement aussi au dieu, qui est fait à limage de Ihomme, c'est-àdire — il va de soi — de Ihomme parvenu au faîte même de l'art et do la pui.ssance magiques.