Vàj. Samh. 30. 8 : Çat. Br. XIII
3. N'omettons pas de dire que, tout connue le totem-serpent (infra p. 72], la croyance à ces hommes-ser]>ents peut fort bien procéder des aborigènes de llmle.
4. Vinaya Pitaha , MaUdca(j'ja I, 63 : Winternitz, Sarpabali, p. 17. C'est à raison de l'existence de pareils êtres, que le moine bouddhique,, au moment de prononcer ses vœux, doit répondre à la question « es-tu un homme? « [Mahrcc. I, 76). Dans le folklore européen, si l'on dérobe à la vierge-cygne son plumage, elle demeure confinée à la condition humaine : de même, dans un conte hindou (Benfey, Pu/iratantra, II. p. 147), du Naga dont on a brûlé la peau de serpent.
5. Comparer plus bas (section de la magie) les métamorphoses de sorciers en animaux et (section de la vie ultra- terrestre) le passage des âmes défuntes en des corps d'anirnaux.
ZOOLÀTRIE 71
n"a dû ignorer la croyance rsauvage qui donne à des famllle> ou tribus lunnalnesun ancêtre animal ou végétal'. Cette idée, avec les coutumes qu'elle a inspirées, on la retrouve avec certitude à la base des conceptions religieuses et morales de la plupart des peuplades voisines de la nature ; et plus tard, <iuand lexpérience et Tinduction mûries l'ont éliminée, elle avait jeté d'assez })rorondes racines pour se survivre à l'état d'empreinte'-. Mais il faut laisser cette tâche à l'avenir, et se borner ici à citer quelques exemples, qui ne sont pas tous* également probants.
On trouve dans l'Inde une peuplade des Poissons (Matsya-, des Boucs Aja , des Raiforts (Çigru). 11 y a une famille sacerdotale des Tortues (Kaçyapa), dont l'ancêtre épouyme est une entité cosmogonique, très analogue ou même identifiée à Prajâpati. Sous la forme d'un kat'ina, autre nom de la tortue, Prajâpati a créé tous les êtres, dit un Brâhmana' ; or kurma est la même chose que I.aryapa : « c'est pour- (juoi l'on dit que tous les êtres sont enfants de la tortue ».
Dans un conte bouddhique', une tortue qui s'accroche par les dents entre les aines d'un singe est ainsi interpellée : « Les tortues sont Kaçyapas, les singes sont Kauhdinyas"' : ô Kaçyapa, lâche Kaundinya ; car tu t'es unie sexuellement à lui )) : allusion probable à un empêchement nuptial, qui
1. On a constaté dans l'antiquité grecque et italique des traces de totémisme, et l'on ne peut que se rallier à l'excellente remarque de M. Frazer [Totentifun, p. 94) : si le totémisme est constaté pour un seul i)euple de la famille aryenne, il l'est pour tous ; car il est invraisemblable qu'après la séparation ethnique un peuple en particulier l'ait isolément développé chez lui ou emprunté du dehors. • — [Pourquoi, surtout s'il n'en a hérité que sous forme d'emblèmes figuratifs dépouillés de tout sens ? — V. H.]
2. L'ouvrage de M. Frazer cité à la note précédente (Londres, 1887i oriente parfaitement sur la question et ses entours.
3. Çatap. Br. VIL 5. 1. 5. — [Cette identification même et d'autres traits me paraissent montrer clairement que la tortue est, non pas un totem, mais un symbole solaire : cf. mon -4. \'., Vin-IX,p.îJ2 (sur A. V. Vm. 5. 14), etc. — V. H.]