‹ La religion du VédaChapitre 61 sur 380 · Voir plus bas (p. 98) ce qui sera dit d'Apàni Nai)af · texte numérisé non relu

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prêtre qui sacre un roi par aspersion invoque « les Agnis qui liabitent les eaux ' ». Dans la construction de l'autel du feu, un rite spécial est destiné à conjurer l'ardeur nuisible d"Agni : on pose sur l'autel divers objets symboliques d'humidité et de fraîcheur, — des roseaux, une grenouille femelle, — et l'on invite solennellement Agni à passer par les roseaux, par les rivières : « tu es, lui dit on, le fiel des eaux- », formule qui ne laisse pas de rappeler la doctrine médicale plus récente selon laquelle la bile serait le principe de la chaleur animale. Il n'importe que ces rites et formules soient récents, si, ce qui semble incontestable, ils s'accordent de tout point avec la conception védique de l'origine aquatique du feu.

Si l'on m'accorde ces prémisses, il s'ensuivra une conséquence importante : nombre de passages où l'on a vu jusqu'ici la nuée d'orage et l'éclair de\ ront recevoir une nouvelle interprétation; il n "y sera plus ([uestion que du feu (jui se cache dans n'importe quelle eau ; y compris, sans doute, l'eau de la nuée, mais en tant qu'elle tombe en pluie, non pas en tant qu'elle émet la foudre. Soit, par exemple, les extraits d'un hymne-' où le poète s'abime avec complaisance dans le mystère d'Agni. (( ... Les dieux ont trouvé le bel Agni dans les eaux, dans le giron '• des sœurs. Les sept jeunes filles avaient fait grandir le bienheureux qui naît blanc, le rouge, en sa grandeur; elles couraient vers lui, comme les juments vers le poulain nouveau-né ; les dieux

ont admiré Agni dès sa naissance Il est allé vers celles

qui ne mangent jamais et pourtant ne dépérissent point, ^•ers les jeunes filles du ciel, qui ne se vêtent pas et pourtant ne sont point nues : alors les vieilles et les jeunes issues d'un même sein, les sept tons% conçurent un embryon unique.

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