R. V. L 93. 6, in. 9. 5, VI
3. Telle est. selon moi, la nature originaire de ce Vivasvant, père de Yama, qui appartient en commun à la mythologie indo-éranienne. Les raisons d'y reconnaître un dieu lumineux me paraissent insiiflisantes. — [Même son nom « le resplendissant» ? — V. H.] — Quand son messager apporte Agni, Vivasvant est le personnage (jui le re(,-oit, et non celui qui l'envoie (cf. R.. \'. I. 31. 3i : ce qu'a bien vu M. Hillebrandt \V-<I. Mijtl,ol.,\, p. 485i.
messager lui apporte du liant du ciel, à lui et à tous ses enfants, ce feu dont la principale vertu, aux } eux du poète, est de rendre possible le sacrifice. Telle est la représentation hindoue, toute rudimentaire, doù le génie grec devait tirer la grandeur tragique du mythe de Prométhée dominant tout l'univers.
Mâtariçvan a apporté le feu ; les Bhrgus Tout importé : le^ deux données sont fort distinctes. Dans la première, la poésie sacerdotale, avecles préférences caractéristiques qu'on lui connaît, a beau mettre en avant l'emplacement du sacrifice, « le siège de Vivasvant » : la vraie scène du drame, cest encore l'espace sillonné par l'éclair. Dans la seconde, il ne s'agit plus que d'une légendaire famille de prêtres, qui propage le feu, essentiellement le feu sacré, parmi les demeures humaines. Les Bhrgus ne vont pas le chercher au ciel : quand sa provenance est indiquée, on dit qu'ils l'ont trouvé « dans l'emplacement des eaux ». — « Les Bhrgus, ô Agni, t'ont établi chez les hommes,... à titre de prêtre (Jiôtâram), à titre d'hôte désiré. » — « Lui que les Bhrgus ont élevé sur la terre, sur le noml^ril du monde', le riche en trésors, dans sa grandeur... » — « Les faiseurs d'œuvre pie l'ont suivi à la trace de ses pas, comme bétail égaré, jusqu'à l'emplacement des eaux ; lui qui se cachait, les Uçijs - l'ont trouvé, les sages Bhrgus, en le cherchant avec ])iété. » — '< (Jest toi que les Bhrgus ont allumé par les chants de louange \ » — Sans doute, l'imagination poétique a pu associer Mâtariçvan, qui avait apporté le feu, et les Bhrgus, qui les premiers l'avaient entretenu et répandu : parfois, c'est au prolit de ceux-ci que celui-là va le chercher';