‹ La religion du VédaChapitre 67 sur 380 · Autre nom d'une légendaire famille de prêtres · texte numérisé non relu

Autre nom d'une légendaire famille de prêtres

3. R. V. I. 58. 6, I. 143. 4, X. 46. iiict. II. 4.2),X. 122.5.

4. R. V. 1. 60. 1, et cf. I. 71. 4. X. 46. 9. La st. III. 5. 10 n'est pas claire: peut-on vraiment traduire, avec le lexique de Grassmann, «... alors que Mâtariçvan, en faveur des Bhigus, alluma le porteur il'ottrande (jui était caché »? — [Bergaigne et moi, nous traduisons par l'ablatif «... qui se cachait des Bhrgus » : mais la nuance importe à peine au sens général. — V. H.J

LA DESCENTE d'aGNI 103

confusion bien concevable, (jui ne doit pas nous faire illusion sur le caractère absolument différent des deux légendes.

Dans une composition de la dernière manière ' . un poète a partiellement renouvelé, sous une forme et avec des traits oriirinaux, le vieux thème de la conquête et de l'importation du feu. Il l'a traité en dialogue, un de ces dialogues dont nous pouvons nous figurer les reparties encadrées dans un récit en prose qui nest point parvenu jusqu'à nous. Les dieux cherchent et trouvent Agni, qui s'était tapi sous les eaux et dans les plantes ; ils l'instituent sacrificateur : en somme, il s'agit d'une légende sur l'origine du sacrifice, qui, ici comme partout, est donné pour la fonction principaje d'Agni parmi les hommes et les dieux. Varuna, au nom deceux-ri, adresse la parole au dieu retrouvé :

« Nous t'avons, ô Jàtavèdas, cherché en bien des endroits, toi qui, ô Agni, avais pénétré dans les eaux et les plantes ; c'est Yama ' qui fa découvert, ô resplendissant, alors que ton éclat s'étendait à dix journées de marche. ))

Agni répond : « Je redoutais, 6 Varuna, l'office de prêtre, et je me suis enfui, de peur que les dieux ne me le conférassent ; mes corps s'étaient glissés en mainte retraite : voilà bien ce ([ue moi, Agni, je ne voulais point. »

Varuna : « Viens ici : l'homme est pieux, il désire sacrifier; assez longtemps, Agni, tu t'es complu dans les ténèbres; fraie les voies des dieux ; d'un cœur propice, apporte-nous les aliments d'oblation. »

Agni : <( Les frères aînés d'Agni ont mesuré cette œuvre, comme le cocher mesure la route : c'est parce que je la redoutais, ô Varuna, que je me suis enfui au loin, enfui comme le buffle quand va grincer la corde de l'arc. »

Pour le décider à accepter la charge, les dieux lui accordent l'immortalité et une part dans les oblations. Il consent.

1. K. \'. X. 51-53. Cl. ZL'ilschr. d. Murneidand. Gr^eW.-v/i., XXXIX, p. 71 sq.

2. Eu sa qualité de dieu des abîmes? Ou en tant qu il représente lu race humaine qui avait besoin dAyni pour célébrer sou sacrilice?

(( O VOUS tous les dieux, enseignez-moi ce que je dois méditer, quand, prêtre élu, je m'assieds : dites-moi quelle est votre part, et par (juel chemin je dois vous amener l'oblation....

« Je veux, par le sacrifice, ^•ous apporter immortalité riche en héros, afin de vous ouvrir, ô dieux, un vaste espace; je placerai le foudre dans les bras d'Indra, et il sera vainqueur en tous ces combats-ci. »

« Trois, cents », — ce n'est plus Airni ([ui parle, mais prol)al)lement le narrateur, — « trois mille dieux, et trente, et neuf, ont servi Agni : ils l'ont aspergé de beurre, ont étendu pour lui la jonchée de l'autel, et puis ils l'ont institué prêtre. ))

J'omets la fin de la composition, qui n'est point claire : on y voit Agni prendre, aux acclamations des mortels, la haute direction du sacrifice, et peut-être aussi les habiles artisans divins, les Rbhus ' , se faire admettre au rang des dieux qui ont part au sacrifice.

Af/ni père de la vaceliumaine. — La préhistoire mythique d'Agni le représente aussi comme le commun ancêtre de tous les hommes.

Ce concept a d'ailleurs bien moins d'importance qu'on ne lui en assigne d'habitude, et j'oserai dire qu'il est presque insignifiant. Le Rig-Véda n'y appuie guère qu'en un seul passage, oii, après avoir nommé Agni créateur du ciel et des eaux et générateur des deux mondes, il ajoute qu" (( il a engendré les races des humains que voici » (I. 96. 2, et cf. 4). Cette idée, perdue parmi tant d'autres spéculations sur les origines de l'humanité, n'est é\idemment qu'un de ces nombreux et éphémères produits du caprice individuel, attribuant arbitrairement à un dieu cpielconque un acte quelconque, parasites qui pullulent dans le terroir fécond de l'imagination védique, mais qu'il importe de ne jamais confondre avec sa végétation vivace et permanente. C'est perdre

Page 1