Cf. infra p
3. Passage très obscur. «Queue de cheval»: .Sayaua comprend ([ulndra devint perplexe, comme la queue du cheval qui va et vient
LA DÉFAITE DE VllTRA 115
ô héros, tu conquis le sôma ; tu làclias dans leur lit les sept rivières.
(( l^dair ni tonnerre ne lui ont de rienser\i, ni le brouillard, ni la grêle qu'il avait suscitée. Quand Indra et le serpent combattirent, le dispensateur des trésors remporta la victoire pour le présent et les temps à venir.
(( Quel vengeur du serpent as-tu donc vu, 6 Indra, pour ([uc la crainte ait ému ton cœur après le meurtre, [)our que tu te sois enfui par delà les nonante-neuf rivières, comme un aigle épouvanté, à travers l'espace ?
« Celui dont le bras porte le foudre, Indra, est roi de tout ce (|ui va et de tout ce ([ui repose, de ce qui est cornu et de ce qui est sans cornes '. Koi, il gouverne les peuples. Comme la jante les rais, il tient tout embrassé. »
Il est rare que la poésie du Hig-Véda s'élève à ce degré d'objectivité : jamais elle n'essaie de raconter l'événement dans l'ordre des faits, ni de le dépeindre en détail ; çà et là, seulement, une image simple et frappante ; et puis, revenant à satiété sans souci des répétitions, toujours la même louange joyeuse du dieu robuste et triomphant.
Empruntons encore à d'autres hymnes du Kig-Véda quelques traits épars.
Le serpent avait occupé « les sept pentes )) et obstruait de sa masse le lit des sept rivières. Il gisait là, nonante-neuf fois replié sur lui-même. Il avait englouti les rivières : comme, d'autre part, les rivières sont enfermées dans la montagne avant d'en jaillir, une logique à outrance amène l'image bizarre de « la montagne dans le ventre de Vrtra ». Les dieux avaient peur de Tennemi : — « comme des vieillards, les dieux se retirèrent )) ; — (( devant la puissance du serpent, tous les dieux se dérobèrent » ; — « au sifflement de
]i()ur cliasser les mouclies. Quant à «annc)), ce n'est qu'un essai approximatif de traduction pour le mot sr/.ct: cf. X. 180. 2; ce qu'en dit M. Geldner (Ved. Siad., II, p. 183) ne me satisfait pas.
1. On ne sait au juste ce que signifie çdmasya: l'antithèse semble suggérer le sens «sans cornes»; d'autre part, c'est une épithôte du taureau (cr^habhà^ I. 33. 15).
Vrtra, tous les dieux amis d'Indra s'enfairent et abandonnèrent » le héros qui demeura seul, lui qu'ils « avaient placé à leur tète pour tuer Vitra ». — Indra a bu avec le sôma la valeur héroïque. Si ses autres alliés l'ont quitté, il a gardé ildèles à ses cotés les Maruts, ainsi que Vishnu, le dieu qui en trois pas franchit l'univers : « au moment oîi Indra voulut frapper Vrtra : « Ami M>linu. » dit-il. « fais un plus large pas. » Lorsqu'il saisit son foudre pour tuer le serpent, les montagnes, les vaches, les prêtres entonnent un chœur qui aiguillonne sa vaillance. Parfois Vitra est endormi à l'instant du coup mortel : parfois même on dit qu'il ronfle, et l'on parle, comme plus haut, des éclairs et du tonnerre, des brumes et des grêles qu'il vomit. Avec son foudre, Indra lui tranche la tète, ou bien il lui brise toutes les articulations. Les mugissements de l'ennemi blessé épouvantent le ciel. L'arme d'Indra ouvre le pis de la montagne : les rivières descendent à la mer, comme les oiseaux volent à leur nid. comme courent les chars dans la carrière. Les dieux acclament le vainqueur ; les épouses divines lui tissent un hymne de louange. La conquête des eaux, enfin, s'amplifle, devient la conquête de la lumière éclatante: l'hymne ci-dessus, après la défaite du serpent, fait créer au dieu le soleil, le ciel et l'aurore ; et ailleurs encore on lit : — « Alors que, de par ta force. 6 Indra, tu eus frappé Vitra le serpent, tu lis monter le soleil au ciel, afin qu'on le vit ». — • (( En tes bras tu portas le foudre d'airain ; tu fixas solidement le soleil au ciel, afin qu'on le contemplât ». — « Tue Vrtra, conquiers le soleil », s'écrie explicitement un poète '.
Envisageons d'ensemble tous ces traits mythiques : nous nous apercevrons qu'il ne s'agit nulle part d'orage ni de pluie -. Un dieu lutte contre un démon anguiforme ; il ouvre