‹ La religion du VédaChapitre 75 sur 380 · il. V. I. 51. 1, hi. 8, VIII · texte numérisé non relu

il. V. I. 51. 1, hi. 8, VIII

2. Ne pas se méprendre au mot «foudre)), par leijuel nous .sommes obligés de rendre le védique cajra, autrement presque iutraduisibic : il faut se représenter le cajra comme une massue d'airain, arme de jet; rien n'indique que le poète, en employant le mot, songe à la foudre.

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le>^ entrailles des monts ; les eaux des rivirres s'en échappent et courent à la mer : voilà ce que disent les poètes védiques, et c'est obscurcir cette représentation fort simple, que de Tinterpréter en admettant ([u'ils entendissent par montagnes les nuées et par rivières les flots de pluie. Rien n'est plus faux : les montagnes, pour eux, sont des montagnes, les rivières, des rivières ; s'ils avaient voulu parler de nuages et de pluie, l'éternolle métaphore des montagnes et des rivières ne reviendrait pas dans un nombre infini de passages, sans que, dans l'un ou l'autre, on rencontrât jamais le vrai nom. Au surplus, (juand le poète védique a vraiment affaire de pluie et de nuées, il use de tout autres expressions que celles des hymnes adressés à Indra : que l'on compare, par exemple, le grand hymne à Parjanya (R. V. V. 83), dieu de la pluie et de l'orage. La pluie y est nommée, et à plusieurs reprises, et les éclairs et le tonnerre : le dieu fait apparaître ses messagers pluviaux ; il crée la nuée pluvieuse ; les Maruts versent la pluie du haut du ciel, et la prière à Parjanya conclut en ces termes : « Tu as fait pleuvoir ; cesse à présent. » Il frappe les arbres, et il frappe les malfaiteurs, lui le tonitruant ; le tonnerre rugit comme un lion furieux ; les éclairs volent. C'est ainsi que le poète védique sait décrire l'orage ; mais, d'Indra, il ne lui arrive presque jamais ' de dire qu'il fasse pleuvoir -, et les charmes destinés à amener la pluie s'adressent de préférence à d'autres dieux que lui. Bien mieux, ce sont des rivières personnifiées, des rivières terrestres sans le moindre mélange de nature céleste, — la Vipâç et la Çutudri, aujourd'hui Biyas et Setledj, — qui. délivrées par Indra, célèbrent son exploit exactement dans les mêmes termes que ceux des hvmnes couramment adressés à ce dieu : « Indra armé du

1. Vou> les exceptions dans Bergaigne (o[k <•{(., II, p. 181, n. !?(, et cl. infra p. 118.

2. Lobservation avait déjà été faite par Bergaigne |II, p. ISlsq.l; mais il se trompe lorsqu'il enseigne que l'emploi du verbe rr.</) «pleuvoir» se restreint au cas où la puissance divine agit sans couibat.

foudre nous a frayé la route ; ii a terrassé Vitra qui retenait les rivières dans son étreinte.... Il faut louer sans cesse Tacte héroïque dlndra, qui a taillé en pièces le serpent. Avec le foudre il a brisé les digues : les eaux ont couru désireuses d'élan '. "

Ainsi voilà qui est bien entendu : pour le poète védique, la victoire d'Indra ne symbolise pas l'orage: elle consiste simplement en ce que le dieu puissant a fait jaillir des profondeurs du rocher les sources captives des rivières qui apportent leurs dons bénis aux plaines terrestres -.

Que toutefois le mythe, dans sa forme originaire, ait été celui de l'orage, et les eaux prisonnières du serpent celles des nuées % que le vajra de la conception primitive fût l'éclair, c'est ce dont les données de la mythologie comparée ne nous permettent point de douter. Mais notre devoir est précisément d'établir une distinction très nette entre ia valeur initiale du mythe et ce qu'y voyaient les auteurs du Véda,

Chez eux, la conception primordiale ne se trahit que par quelques traces fugitives et même, en partie, spécieuses; car les figures accidentelles de style, produits isolés de l'imagination de .quelque poète, pouvaient et devaient, en pai'eille matière, ressembler à s'y méprendre à ces survivances d'un autre âge. L'un appelle Indra « celui à qui appartient la pluie » ; un autre lui fait dire « j'ai donné la pluie au mortel qui m'honorait » ; un hymne de la dernière manière qualifie d' « onde céleste » les eaux délivrées. Le tonnerre d'Indra ébranle ce qui est mobile et ce qui est fixe; il a lancé le tonnerr»^ dans la mâchoire de Vitra ; il a créé les incomparables javelots du ciel. Son souffle a chassé le ser-

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