‹ La religion du VédaChapitre 77 sur 380 · I.A DKFAITE DES l'ANIS KT LA CONQUÊTE IU> VAi HKs · texte numérisé non relu

I.A DKFAITE DES l'ANIS KT LA CONQUÊTE IU> VAi HKs

Dans la version vêdiqae, les ennemis sont toute une bande : ils se nomment les Panis. Or le Pani figure trrs fréquemment dans le IJit: \'<'da, à titre de personnalité fort réelle en chair et en os, sans le moindre mélange de concept mv thique : c'est un type pour lequel prêtres et chantres manifestent une légitime antipathie, le type du riche avare qui lésine sur le sacrifice et les gratifications que le sacerdoce en attend ' . Les Panis donc, selon notre mythe, possèdent des troui)eau\ de vaches, qu'ils tiennent enfermés, loin, bien loin, par delà la rivière Rasa, dans une caverne. Messagère d'Indra, Saramâ, la chienne divine, a franclii d'un bond la Kasâ, flairé la fente du rocher, entendu les beuglements du bétail. Elle le réclame au nom d'Indra, mais les Panis la repoussent avec un ironique mépris-. Alors Indra s'avance, accompagné des Angiras, ou des « sept prêtres », ancêtres des familles sacerdotales. La caverne s'ouvre d'elle-même; ou bien Indra l'ouvre aux Angiras; ou enfin ceux ci la contraignent à s'ouvrir. Comment? — « par leurs paroles » ; — (( par leurs litanies »; — « par leurs chants »; — (( en chantant » ; — « avec feu allumé ». — Le tableau saute aux yeux : ces premiers parmi les prêtres humains, comme leurs des cendants actuels, chantent et récitent devant un feu sacré, et la vertu magique de leurs rites force les portes de la caverne''. Parfois on dit qu'ils l'ont ouverte u de par le/'/r/ )), le

1. Les Panis ne sont pas (le.s marchands; M. Hillebrandt i J '<.'<:/. 3/////;., I, p. 83 sq.l la péremptoirement démontré. Mais il pense, avec M. Brunnliofer, que ce sont des peuplades ennemies, soit les Parnes, qui aux temps historiques habitaient les bords de l'Ochus (Tedjendl. Cette donnée ne me parait pas moins contredite par les documents védiques.

• 2. Cf. le dialogue Fi. V. X. 108, entre les termes duquel s'intercalait évidemment une prose narrative. Dans la littérature postérieure .Saramâ trahit Indra ; mais on ne saurait dire si ce détail était déjà védicjue.

3. Cf. A. V. XII. 1. 39, où il est dit que les « anciens créateurs des êtres, les sept Rshis, les iiieux, ont par leurs chants fait sortir les vaches, en tenant une session sacrilicatoire {saitrêija), par oblation et ascétisn>e ». R. V. X. 67. 2-3 semlde préciser encore : le sacrifice qui amena ce résultat fut le premier de tous.

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l)icii, le bon ordre' : ropération leur incombait donc en tant que conforme à Tordre éternel de l'univers. Agni aussi y prend occasionnellement part' : cela s'explique, puisque, on vient de le voir, le chant religieux suppose le feu sacré ; mieux encore, si, comme on va le conjecturer, le mythe tout entier repose sur la conquête de la lumière; car l'allumage du feu est un charme magique qui fait lever le soleil. Mais la personne divine qui le plus souvent intervient ici et colla bore avec les ancêtres des prêtres, c'est Brhaspati, le « Sei gneur de la prière ))^ : il appartient, lui aussi, à la race des Ahgiras, et son rôle ne diffère pas du leur; incarnation de la puissance de la parole et du chant sacrés, il ouvre la caverne (( au moyen d'hymnes chauffés au feu » : il la brise et en fait sortir les vaches, comme on casse un œuf pour en tirer le poussin, un os pour en extraire la moelle. Vala, le démon de la grotte, se lamente sur le rapt des vaches, comme les arbres sur le feuillage dont l'hiver les a dépouillés.

Ainsi sont acquises aux prêtres les vaches et l'abondante nourriture (pTelles procurent : Saranui a trouvé la piste du dur cachot des \aches, (( à qui les races humaines doivent leurs aliments » ; les Angiras ont « découvert toute la provende des Panis » ; Indra, le premier, " a i)our le brahmane trouvé les vaches », « a rendu la vache aisément accessible au brahmane ». Mais à la conquête des vaches se relie étroitement celle de la lumière, des aurores et du soleil, et nombreux sont les passages où apparaît cette relation : les prêtres-pères ont (( fait sortir les vaches en appelant les aurores » ; « ils ont trouvé la lumière ». — « La rouge est devenue visible par le brillant [lait?] de la vache''; l'obscurité sinistre a disparu, le ciel a resplendi, la lumière de la déesse Aurore s'est élevée, le Soleil a marché par les vastes plaines, voyant parmi

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